La saga des casinos de la côte

Des lieux de plaisir

Au cours du XIXème siècle, Royan devint un lieu de villégiature pour la moyenne et haute bourgeoisie, seule à cette époque, à prendre des vacances. Ces "résidents" appréciaient la conversation et la lecture des gazettes, la distraction des tables de jeux, les spectacles de musique et de danse. Ils souhaitaient donc retrouver, en villégiature, leurs plaisirs habituels. Pour les satisfaire et s'aligner sur les stations balnéaires concurrentes, Royan se dotera de plusieurs casinos. Les historiens royannais, Yves Delmas, Guy Binot et Marie-Claude Bouchet nous les racontent. Si l'on compte également les Casinos de la Grande Côte et de Vallière, celui installé dans le Grand Chalet à Ronce-les-Bains, il était possible aux vacanciers et aux Royannais d'aller jouer, se restaurer et se distraire à toute heure et en tous lieux.

Les casinos de Royan

Première tentative 1834

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Elle a lieu durant la saison 1834, pour contrer La Rochelle qui possède déjà un établissement de bains et de distractions. Le Parisien, Désiré Bourgeot, achète, sur expropriation forcée, le Château de Mons (ancien domicile du maire Labarthe) pour le transformer en café-concert. Il fait faillite deux ans plus tard, l'emplacement étant trop éloigné du centre, de la plage et des hôtels. Illustration coll. Bonne Anse
Guy Binot, La Saga des Bains de Mer, éd. Bonne Anse, 2010

Foncillon 1re époque 1843

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Le second casino, inauguré en 1843, fut créé à l'initiative d'un société par actions constituée de propriétaires et de commerçants locaux, la Société des Bains de Royan. L'ingénieur Lessore puis l'ingénieur Auguste Botton, nouvellement nommé à Royan, ont supervisé l'élaboration des plans. L'édifice, acheté à l'Anglais Thomas Wildman, était situé rue du Fort, à proximité de la conche de Foncillon, proche des premiers grands hôtels de la façade et du lieu-dit la Plataine, où débarquaient les touristes bordelais. De style néoclassique, son décor était d'une sobriété qui convenait à la clientèle aristocratique qui le fréquentait. À l'intérieur, il comportait un salon de jeux, une salle de billard, une salle de concert et de bal, mais aussi une salle de lecture. Le casino était fréquenté par une société distinguée, dominée par l'aristocratie bordelaise et provinciale. Dans les jardins, on pouvait pratiquer aussi la gymnastique à la mode anglaise, le tir au pistolet. En 1847, de nouveaux gestionnaires procédèrent à des embellissements et agrandissements. Après l'inauguration du nouveau casino de Foncillon en 1885, l'édifice fut conservé avec son parc et devint la mairie de Royan en 1927. Illustration coll. Musée de Royan

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L'Otrada à Pontaillac 1880

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Depuis 1875, grâce au chemin de fer, les estivants sont de plus en plus nombreux à Royan, donc à Pontaillac. Ils ont besoin d'un certain confort et s'accommodent mal des cabines de bain alignées tout au long de la plage. Un café restaurant devient indispensable. Au début des années 1880, on repense la plage et on regroupe les cabines au centre de la conche, autour d'un café restaurant qui peut aussi faire office de casino avec salon de lecture et jeu des petits chevaux, l'Otrada. Tout cet ensemble est construit en bois sur des pilotis, la plage faisant partie du domaine maritime. Illustration coll. B. Ellie

Yves Delmas, Pontaillac, histoire d'une conche, éd Bonne Anse 2003

Le Palais de Foncillon 1885

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Un troisième casino est inauguré en 1885, situé directement sur l'esplanade de Foncillon, la façade noble de la ville, avec ses grands hôtels et ses demeures aristocratiques. Le nouvel édifice est l'œuvre de l'architecte bordelais Alfred Duprat. Son décor sculpté, à l'extérieur comme à l'intérieur, évoque le monde de la mer. Au rez-de-chaussée, s'ouvre une salle de théâtre de 600 places. On a pu dire à juste titre que la période faste de ce casino, entre 1885 et 1895, marque aussi l'âge d'or de Royan, fréquentée alors non seulement par des gens fortunés mais par une élite de l'esprit et du talent, les Charpentier, Zola, François Coppée, Massenet, Castagnary, Alphonse Daudet... Le Casino de Foncillon poursuivra ses activités après la création du casino municipal en 1895 mais fermera en 1909, à cause d'une loi sur les jeux qui occasionnera une baisse sensible des profits. Transformé en hôpital pendant la guerre de 1914-1918, le Palais de Foncillon est finalement racheté en 1927 par le Maire, Paul Métadier. Il abritera le Musée et une salle des Fêtes puis deviendra Palais des Congrès en 1938. En juin 1940, dans Royan occupée, le Palais de Foncillon devient le mess de la Kriegsmarine. Il sera détruit lors du bombardement du 5 janvier 1945.
Illustration coll. N. Marsaudon

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Le Casino Municipal de Gaston Redon 1895

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Sous l'impulsion de la municipalité de Frédéric Garnier, Royan connaît un développement accéléré avec notamment l'arrivée du chemin de fer en 1875. Un nouveau casino s'impose. Sur l'ancienne place du Champ de Foire, face à la Grande Conche, à mi-chemin entre la gare et le port, l'architecte Gaston Redon conçoit un édifice grandiose, le plus grand casino de France. L'établissement est inauguré le 1er août 1895. Sarah Bernhardt s'y produit à plusieurs reprises. À côté des représentations théâtrales ou lyriques, des grands bals mondains, le casino organise aussi des distractions plus populaires, des fêtes de Charité. Dès 1896, il présente le cinématographe inventé l'année précédente.
Après la guerre de 14-18, pendant laquelle il fait office d'hôpital, le Casino Municipal, d'un entretien coûteux est au bord de la faillite. En 1930, Émile Couzinet, entrepreneur de cinéma, en prend la direction et renoue avec la prospérité. En 1939, le Casino Municipal et les hôtels sont réquisitionnés pour accueillir les réfugiés. Pendant l'occupation, des séances de cinéma sont réservées à la troupe. Le 5 janvier 1945, lors du bombardement de la ville, le Casino Municipal est détruit. Illustration coll. Y. Delmas

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La Restauration à Pontaillac 1904

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Pour satisfaire une clientèle de luxe, la municipalité décide une nouvelle fois de moderniser la plage de Pontaillac, de supprimer les cabines tassées au centre de la conche et de construire un café-restaurant élégant. En 1891, elle lance un concours pour la construction d'un établissement de grand luxe avec une salle de petits chevaux, une salle de restaurant, des salons particuliers, une cuisine, un office. Mais le premier prix n'est pas attribué et ce n'est qu'en 1904 qu'un nouvel établissement est inauguré, la Restauration, construit sur pilotis au centre de la conche. Le bâtiment comporte de larges baies vitrées et une vaste terrasse donnant sur la mer. Les cabines ont été installées sur les rochers, côté Vaux-sur-Mer, et la plage se couvre de tentes en toile qui deviennent de véritables salons sur le sable où l'on peut prendre le thé, commandé à la Restauration. Illustration coll. A. Lavigne

Yves Delmas, Pontaillac, histoire d'une conche, éd Bonne Anse 2003

Le Sporting de Pontaillac 1931

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Le Sporting Casino ouvre ses portes, en 1931, à Pontaillac, devenu le quartier branché de Royan. Cet établissement de style Art Déco, conçu par l'architecte Bluysen, prend la place de la Restauration. La direction de l'établissement est confiée à Rosenberg, le directeur de l'Athénée à Paris. Le Sporting, bâti sur pilotis, directement sur la plage, fera les beaux jours d'une clientèle select avec son dancing, son cinéma, ses jeux de boule et de baccara. Pendant l'occupation, le Sporting accueille la maison du soldat. Il sera le seul casino épargné par les bombardements de janvier et d'avril 1945. Dirigé par Roger Genty de 1947 à 1987, il accueille dans les années 50-60 les plus grandes vedettes de l'époque. Il est depuis 1986 la propriété du groupe Lucien Barrière et se nomme désormais Casino de Royan. Illustration coll. R. Genty

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Le casino en bois 1948

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En 1948, le centre-ville est entièrement déblayé. Émile Couzinet, propriétaire de l'ancien casino municipal, est en guerre ouverte contre la municipalité et s'oppose aux projets de casino présentés par les architectes. Il ouvre, le 27 mars 1948, à l'emplacement de l'actuel auditorium, un casino en planches peint en blanc qui jouxte, le Glacier, seul vestige du casino d'avant-guerre. Il comprend une salle de jeu, une scène, une salle de réunion et de spectacle. À l'intérieur, les fresques représentant la vie balnéaire sont l'œuvre de René Renneteau, chef décorateur des studios Couzinet et futur directeur du casino municipal. Les Royannais, au milieu d'un paysage de ruines, se retrouvent avec bonheur dans ce casino qui accueille de nombreuses fêtes et bals. Il sera en activité jusqu'en 1956, époque à laquelle l'autorisation des jeux est retirée à Couzinet par la Municipalité. Le bâtiment sera alors détruit. Illustration coll. G. Moine

Le Casino Municipal de Claude Ferret 1960

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Inauguré le 30 juillet 1960, 17 ans après les premières esquisses des architectes, le nouveau Casino ouvre ses portes à l'emplacement de l'ancien square Botton, face au port et à la plage. Conçu par les architectes Claude Ferret, Pierre Marmouget et Adrien Courtois, il porte la marque de l'influence de l'architecture brésilienne, bien présente dans nombre de réalisations de la reconstruction à Royan. L'aile qui prolonge le bâtiment vers la droite, côté port, comprend un bowling et le bar restaurant Le Grand Pavois, rendez-vous incontournable des Royannais. À l'extérieur comme à l'intérieur de la rotonde, le décor fait appel à des éléments géométriques ajourés, des claustra de couleurs vives, bleues, jaunes, rouges, que l'on retrouve aussi au plafond de cette rotonde. Les problèmes de gestion et d'entretien qu'il rencontre dans les années 80 amènent sa fermeture définitive suivie de sa démolition en 1985. L'emplacement devient un enjeu de la campagne électorale de 1989 qui voit s'opposer jean-Noël de Lipkovski et Philippe Most. L'élection de ce dernier ne débouche sur aucun projet et le lieu reste un terrain vague de luxe jusqu'à la création d'un espace paysager, les Jardins de la Mer, et la construction de la base nautique, siège de la Société des Régates, inaugurée en 1996. Illustration coll. G. Moine

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La destruction du casino


 

 

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