Le casino de Foncillon 1843

Vue-du-Casino

Le second casino de Royan, inauguré en 1843, fut créé à l'initiative d'un société par actions constituée de propriétaires et de commerçants locaux. Dénommée Société des Bains de Royan, elle comptait aussi parmi ses membres un médecin bordelais, le docteur Pouget, avec le titre d'inspecteur des bains de mer de Royan. Il s'agissait d'offrir, aux quelques centaines de touristes qui séjournaient en ville à la belle saison, outre les conseils et les prescriptions concernant le bon usage des bains de mer, les distractions appropriées, à l'image de ce qui existait déjà dans quelques localités des rivages de la Mer du Nord ou de la Manche. La Société rachète une maison particulière appartenant à un rentier londonien, Thomas Wildeman et confie le projet à l'ingénieur Auguste Botton (lui-même actionnaire de la Société), nouvellement nommé à Royan et qui devait prendre une part très active à l'aménagement de la ville. L'édifice était situé rue du Fort, à proximité de la conche de Foncillon, proche des premiers grands hôtels de la façade et du lieu-dit la Plataine, où débarquaient les touristes bordelais depuis qu'un service régulier existait entre leur ville et Royan.
De style néoclassique, avec son fronton triangulaire et son péristyle en façade, son décor était d'une sobriété qui convenait à la clientèle aristocratique qui le fréquentait. A l'intérieur, il comportait un salon de jeux, indispensable à tout casino, une salle de billard, une salle de concert et de bal, mais aussi une salle de lecture dont le livre d'Emma Ferrand, Royan Moderne et Ancien, daté de 1846, un an après l'ouverture de ce casino, nous livre cette amusante évocation: « Traversons [le salon de lecture] sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le sommeil de ces estimables pères de famille qui attendent le bon vouloir de leur femme pour regagner leur gîte et qui croyaient se tenir éveillés en lisant l'immense Constitutionnel ou le Siècle exigu ». Le soir, on dansait au son du piano. Le casino était fréquenté par une société distinguée, dominée par l'aristocratie bordelaise et provinciale et  qui s'amusait avec retenue, même si Emma Ferrand, témoin de première main, laisse entendre qu'à la salle de jeu, il se perdait « beaucoup d'argent » et pas toujours de manière honnête. Elle préférait se promener dans le parc du Casino, dessiné également par Botton. Dans ces jardins, on pouvait pratiquer aussi la gymnastique à la mode anglaise, le tir au pistolet, ou se rendre dans un pavillon d'où l'on admirait la vue sur la mer ou la campagne en fonction de la rotation que le vent lui imprimait. Ce parc était relié par un pont de bois à une terrasse dominant la Gironde. Malgré son succès, ce casino connut rapidement quelques difficultés financières (scénario bien connu) et les actions furent rachetées en 1847 par une nouvelle Société Civile des Bains de Mer, présidée par un aristocrate, le comte de la Grandière, futur maire de Royan au début du second Empire. Les nouveaux gestionnaires procédèrent à des embellissements et agrandissements et selon le témoignage d'Eugène Dudognon, un riche Périgourdin qui visita Royan en 1854, le casino devint sans conteste, le lieu de rendez-vous « de la société d'élite » et de « toute la population fashionable, exotique et indigène ». À l'époque cette « population indigène » s'élevait à 3500 habitants et les « exotiques » à 14.000 environ.
Après l'inauguration du nouveau casino de Foncillon en 1885, l'édifice fut conservé avec son parc et deviendra la Mairie après le rachat, par la municipalité, le 8 décembre 1927, des deux casinos de Foncillon.

Marie-Claude Bouchet
Emma Ferrand, Royan moderne et ancien, éd Bonne Anse, 2009

 

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