Bonnet Aimée

Agent-voyer devenu ensuite architecte de la ville et de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély (1827-1911), actif dans la seconde moitié du XIXème siècle.
Son rôle semble avoir été important puisqu'il travaille au-delà du secteur géographique attribué à ses fonctions. Comme architecte municipal, on lui doit les plans du palais de justice, ceux de l'école de la place d'Aunis (1862), et la surveillance des travaux de construction de l'hôtel de ville de Saint-Jean-d'Angély (inauguré en 1886), élevé selon un projet de l'architecte départemental Charles Bunel. Comme architecte de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély, il est associé à la construction des halles de Saint-Savinien (1864-1865) et de Villeneuve-la-Comtesse (1879). Il est également l'auteur des plans de certains autres bâtiments publics, notamment des deux écoles d'Archingeay, de Néré (1868-1872 et 1880), de l'école mixte de Courant (1893), ou des travaux d'aménagement de celle de Ligueil (commune de Courant, 1893).
Adepte du style néo-gothique, c'est surtout dans le domaine de la restauration des églises rurales qu'Aimée Bonnet s'illustre particulièrement et jusque dans le sud du département. On lui doit notamment la reconstruction des églises de Loiré-sur-Nie (1864-1874) et de Saleignes (à partir de 1864) ; la rénovation de celles de Saint-Savinien, d'Asnières-la-Giraud (1876-1892) dont il reconstruit le clocher, de Tonnay-Boutonne (achevée en 1867) dont il refait le sanctuaire ; la restauration de celles de Boutenac (1877) et de Thénac, où il construit le clocher (1881), une voûte néo-romane, deux chapelles ainsi qu'une sacristie ; la construction du clocher de l'église de Siecq (1876) et du clocher-porche de l'église des Mathes (1868-1869) ; la restauration du clocher de l'église de Mortagne-sur-Gironde (1872), puis celle du presbytère (1888), ou encore l'aménagement, dans des locaux municipaux, de la chapelle de Chantemerle-sur-la-Soie (1901). En 1877, il fournit un projet pour la construction d'un clocher néo-roman à l'église des Eglises-d'Argenteuil. Il intervient également à celle de Néré, où il construit une flèche (1862-1863) avant de restaurer le clocher (1882), ainsi qu'à celle de Fenioux. Mais le projet de restauration de cet édifice, qu'il présente en 1861, soulève une violente polémique. Il reçoit certes le soutien prudent de l'architecte diocésain Antoine Brossard, qui se résigne alors à "sacrifier les convenances architecturales pour se rattacher à des travaux de consolidation", mais déclenche la vive hostilité de l'inspecteur Charles des Moulins, lequel n'accepte pas que ces travaux puissent être confiés à un simple architecte-voyer. Finalement, un compromis est trouvé après la réunion d'une commission à laquelle participe Victor Fontorbe, et la restauration de l'édifice commence en 1863 sous le contrôle d'Antoine Brossard. Le renom d'Aimée Bonnet est tel que certaines communes du sud de la Charente-Maritime font appel à ses services pour la construction d'édifices civils. C'est le cas de la commune de Mortagne-sur-Gironde, qui lui confie des travaux d'agrandissement de l'école (1873-1874), puis ceux de reconstruction de la mairie et de l'école de garçons (1878-1881). C'est également le cas de la commune de Meschers qui lui confie la construction de ses deux écoles de filles, catholique et protestante (1879-1882), de celle des Mathes qui lui demande les plans de son école, ou encore de celle de Saint-Genis-de-Saintonge, qui lui commande les plans d'une mairie-école (1880-1885) (les plans de la mairie ont été publiés dans L'architecture pour tous), conçue sous la forme de deux corps de bâtiments symétriques venus encadrer l'église, laquelle venait d'être élevée selon un projet de Gustave Alaux.
L'oeuvre privée d'Aimée Bonnet est encore très mal connue. On sait cependant qu'il a fourni les plans du logis de La Vergne (1867), un bâtiment au volume assez ramassé, rappelant le style de l'une des deux écoles de Néré et celui d'un projet d'une maison de campagne à construire à Chabreyroux (Haute-Vienne), qu'il publia dans L'architecture pour tous. Père d'Arthur Bonnet, qui fut élève au collège de Saint-Jean-d'Angély, admis à l'école centrale des Arts et Manufactures, dans la section d'architecture en 1873, devenu par la suite inspecteur général des ponts-et-chaussées et fondateur de la société d'archéologie de Saint-Jean-d'Angély, Aimée Bonnet est probablement à l'origine des collections lapidaires qui ont été réunies au château de La Chaume, à Pont-l'Abbé-d'Arnoult, aujourd'hui utilisé comme séminaire.

Frédéric CHASSEBOEUF


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