Vaucheret Georges, maire de Royan

 

Lyon, 1867 - Contes (Alpes Maritimes), 1965

Maire de Royan éphémère et inusable président du Syndicat d'Initiative, par Marie-Claude BOUCHET

La plus grande partie de sa longue vie se déroula à Royan. Ayant étudié aux Beaux-Arts à Paris, Vaucheret ne tarda pas à entrer dans la vie active, comme architecte, d'abord à Paris puis dans l'arrondissement de Marennes et surtout à Royan. Dans cette ville, il dirigea plusieurs chantiers publics, transformation de la Maison de Santé Amiot, aménagement de l'Hôtel de Ville, agrandissement du collège Zola... Il signa aussi de nombreuses villas, notamment à Saint-Georges-de Didonne. Sa carrière d'architecte se prolongea jusqu'après la seconde guerre mondiale puisqu'il fera partie de l'équipe de Claude Ferret, l'architecte en chef de la reconstruction de Royan, après 1945. Certains, en 1965, se rappelaient l'avoir vu, sur le chantier de l'Hôtel Oceanic en 1957, grimper aux échafaudages comme un jeune homme. Il avait alors 90 ans. (Sud-Ouest du 03/09/1965 communiqué par Gérard Moine)
Georges Vaucheret s'impliqua aussi fortement dans la vie politique de la cité. Lorsqu'il se présenta pour la première fois en 1919, il était seul sur sa « liste » et composait et collait lui-même ses affiches (même réf. Sud-Ouest).  Il fut élu en  1925 , sur la liste de Paul Métadier, avant de se brouiller avec lui. En 1935, Vaucheret devint l'adjoint de Métadier réélu et lorsque celui-ci démissionna en octobre 1939, un arrêté préfectoral nomma d'office Vaucheret  à la tête du conseil municipal. Ce fut donc lui qui eut la pénible mission d'« accueillir » les troupes allemandes, en juin 1940. Son mandat fut de courte durée, puisque, en août 1940, à la suite de l'assassinat d'une sentinelle allemande au Golf Hôtel , il fut contraint de démissionner.
Son action s'exerça de manière décisive et continue à la tête du Syndicat d'initiative de Royan qu'il avait contribué à fonder dans les années 1910 et dont il fut d'abord secrétaire général avant d'en devenir l'inamovible président. Dans les années 30, il fut même président des Syndicats  d'Initiative des communes touristiques de l'ensemble Aunis-Saintonge-Poitou-Angoumois et en 1935, il put organiser à Royan le Congrès de toutes les fédérations des Syndicats d'Initiative de France.
Il était de nouveau en fonction après 1945. On trouve dans le journal Le Cri de Royan des années 1950 et 51, ses rapports annuels sur l'activité du S.I. On mesure combien il était difficile, dans une ville à peine renaissante, de promouvoir le tourisme. Un petit kiosque, «Bureau de renseignement» avait  été ouvert où officiaient une secrétaire Madame Germaine Chamboulan et un trésorier. Les « initiatives » se bornèrent en 1949 à subventionner des jeux de plage ou des concours de natation. La publicité touristique, guides et autres, était inutile puisque, disait-il, « nous ne devons augmenter l'importance (de la clientèle) qu'au fur et à mesure de l'augmentation de nos capacités » : Quelques hôtels seulement sont rouverts. En 1950, Vaucheret exprimait son désir de trouver un successeur car il ne faut « pas oublier qu'il est à la tête du Syndicat d'Initiative depuis 1912 ». En 1951, il était toujours là, secondé il est vrai par Robert et Germaine Chamboulan. Le journaliste avait rédigé un guide touristique et le budget etait en augmentation grâce à des subventions reçues de la chambre climatique et du Commissariat au tourisme. Le toujours président du S.I. rappelait qu'en 1912, ce budget était de 300 francs. Il feignait d'oublier la vertigineuse dégringolade du franc après la guerre.
Il faut aussi souligner que Georges Vaucheret était homme de culture, qu'il était membre de la Société du Musée dont il suivait avec attention les activités avant la guerre et dont il souhaitait la renaissance après 1945.

Georges Vaucheret architecte, par Frédéric CHASSEBOEUF

Chevalier de la légion d'honneur et expert auprès des tribunaux, membre de la commission d'hygiène de la ville de Paris, il fut nommé architecte de l'arrondissement de Marennes en 1910. Entré à l'école des Beaux-Arts en 1889, où il fut l'élève d'Antoine-Georges Louvier et de Stanislas-Louis Bernier, Georges Vaucheret, d'abord établi 179, avenue du Maine à Paris, puis à Royan, a laissé une oeuvre abondante, aussi bien publique que privée. Parmi ses oeuvres publiques on retiendra, à Royan, des travaux de transformations à la maison de santé Alfred Amiot (1911 et 1913), un projet d'aménagement de l'hôtel-de-ville, comprenant une réorganisation complète des services (1913), des travaux de modernisation au casino municipal (1914), l'agrandissement du collège Émile Zola (1924). Parmi ses oeuvres publiques, il faut mentionner aussi l'agrandissement de l'école communale de Médis (1932), la construction du groupe scolaire de Bourcefranc (1931) et le projet de création d'une école à Ronce-les-Bains, sur la commune de La Tremblade.
L'oeuvre privée de Georges Vaucheret est également abondante. Il a principalement bâti à Saint-Georges-de-Didonne où on lui doit des constructions de styles assez variés, et notamment les villas Coccinelle (rue de La Crête), élevée en 1908, Ketty (rue H. Collignon), Marie-Thérèse (rue du Maréchal Leclerc), René-Mi (rue du Pasteur Jarousseau), Cordouan (av. de Cordouan), Les Ombraies (bd. de Lattre de Tassigny), Les Tamaris (bd. de la Côte d'Argent), Amboullah (rue du Général de Gaulle), La Clef-des-Champs (rue du Maréchal Leclerc). Cette dernière a été publiée dans Villas et cottages des bords de l'Océan, par Charles Massin en 1926. À Royan, on lui doit la partie la plus ancienne de l'ancien hôtel de La Plage et d'Angleterre (av. de Pontaillac, construit en 1910), la maison Claire de Lune (bd. F. Garnier) et les villas La Barcarolle (bd F. Garnier) et Fanny (av. de L'Oasis). Enfin, Georges Vaucheret a construit la villa Walkyrie, allée des Sternes à Ronce-les-Bains, et le couvent Béthanie, à Saint-Palais-sur-Mer. Malgré un âge avancé, il s'implique beaucoup lors de la reconstruction de la ville de Royan et devient l'un des adjoints de l'architecte Ferret pour l'étude du nouvel urbanisme à mettre en place. Il lutte contre l'organisation du Front de Mer, en défendant un contre-projet s'articulant autour d'un grand boulevard avec promenades pour piétons et des constructions "en échelle", c'est-à-dire des maisons à un étage alternant avec des maisons à deux étages.

En savoir plus : l'histoire du Syndicat d'Initiative de Royan
 


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