1914 Les poilus de Royan

Par Marie-Claude Bouchet,
extraits tirés du livre du Colonel Didier,

La 9e Compagnie au feu
Imprimerie royannaise, 1937
 

 

Le périple vers le front d'une compagnie de poilus de la caserne Champlain à Royan

Les Poilus

On a tout dit et tout écrit sur la guerre des tranchées- longue immobilisation du Front, à partir de la fin de 1914, ponctuée de batailles aussi meurtrières qu'inutiles : Verdun, le Chemin des Dames... avant l'offensive finale au printemps de 1918. On en oublie parfois, qu'avant de devenir ces "poilus", ces enterrés vivants, héros malgré eux d'un combat sans espoir, ces jeunes hommes étaient partis un beau jour d'été de 1914, "la fleur au fusil"pour une "guerre fraîche et joyeuse", à laquelle on les avait longuement préparés physiquement et moralement. Il s'agissait de prendre sa revanche sur "le Boche" qui nous avait volé l'Alsace et la Lorraine en 70...

Tels étaient les soldats de la 9ème Compagnie d'Infanterie qui stationnait à la Caserne Champlain à Royan, avant le début de la guerre. Le Capitaine Didier, qui les commandait, a raconté ces premières semaines, du 1er Août au 18 Septembre 1914, où ils furent confrontés avec l'atroce réalité de la guerre...

La mobilisation

1er août : La mobilisation

Le 28 juin 1914, avait eu lieu l'attentat de Sarajevo qui avait déclenché le funeste engrenage des alliances qui allait aboutir à la guerre.
A Royan, depuis le mois de juillet, la saison estivale qui s'annonçait brillante était assombrie par les menaces de conflit.
Le 1er août, le capitaine Didier qui commandait la 9ème Compagnie du 144ème Régiment d'Infanterie, reçut un télégramme du commandant de la 18ème Région Militaire : "...Le premier jour de la mobilisation est le 2 Août". c'était la guerre ! Il écrit : "... le tocsin sonne...Le glas des cloches est à peine éteint que la population entière est dans la rue ; le parvis étroit de Notre-Dame de Royan déborde d'une foule féminine consternée qui attend l'heure de la prière pour pénétrer dans la maison de Dieu."
La petite place de la Mairie, ressérrée entre des grilles est pleine d'une foule masculine qui attend les nouvelles : "la mobilisation n'est pas la guerre" dit un communiqué et un très vague espoir pénètre les esprits.
... À la caserne Champlain, la 9ème en carré, les officiers et sous-officiers au centre, reçoit communication de l'ordre...

Les rangs sont rompus et chacun retourne, en évitant toute manifestation bruyante, à ses activités. Il faut préparer l'installation des personnels, qui après le départ du 144ème régiment d'infanterie au front, vont mettre en place les défenses de l'entrée de la Gironde.

4 août : Le départ pour Bordeaux

"Clique en tête, à dix heures, la Compagnie quitte la caserne Champlain, et par la rue Gambetta, se rend à la gare dont les abords sont peuplés d''une foule inquiète et bruyante de baigneurs que la mobilisation a surpris ici, et qui maintenant regagnent en hâte leurs foyers."
... Les mères sont en larmes, les pères les refoulent à grand peine dans des rires qui éclatent faux ; tous vont au capitaine comme s'il pouvait commander au destin : "Veillez sur lui, il est si imprudent"...
L'heure approche ; la Compagnie qui s'est reformée en carré reçoit les dernières instructions au sujet de l'embarquement.

Les autorités civiles, militaires et religieuses sont là ; leur présence a quelque chose de solennel qui étreint et en même temps réconforte.
Le convoi entre en gare ; les sections prennent place dans des voitures spéciales accrochées au train ordinaire. À midi, au chant de "Flotte petit drapeau , le train s'ébranle..." "A toutes les stations, la foule pressée contre les barrières acclame les soldats; Seize heures !... Bordeaux !..."

Le débarquement terminé, la Compagnie est dirigée sur l'Olympia où elle cantonne.

 

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