Trahisons et déboires 1606-1607

Dugua de Mons face à ses adversaires

A son retour en France, mille difficultés attendaient le sieur de Mons. Les négociants en fourrures, chapeliers et autres professions intéressées au commerce des peaux ne supportaient pas les restrictions apportées à leurs activités par le monopole concédé au sieur de Mons et à ses associés.

 

Ils organisaient contre lui une active contrebande et faisaient piller ses navires, n'hésitant pas à s'allier à des puissances étrangères. Les Parlements, souvent constitués de bourgeois anoblis, tardèrent à enregistrer les décisions royales concernant le monopole, ce qui en retarda l'application. La souveraineté même de la France sur les territoires placés sous l'autorité du lieutenant général Dugua de Mons était concurrencée par l'Angleterre et la Hollande, deux puissances maritimes en pleine expansion en ce début du XVIIe siècle.

Combat entre navires français et anglais. >
Musée de la marine.

 

Combat entre navires français et anglais. Musée de la marine.

 
 

Le voyage de 1606 un appareillage difficile

Sans se décourager, le sieur de Mons se préoccupa de préparer, au début de 1606, un navire destiné à aller prendre la relève à Port-Royal. Il chargea deux de ses associés rochelais, Macain et Georges,d'équiper un navire, le Jonas, au port de La Rochelle.

Marc Lescarbot Il recruta vingt-trois volontaires de diverses professions. Ne pouvant lui-même prendre la tête de l'expédition, il en confia le commandement au sieur de Poutrincourt, auquel il avait, au cours du voyage de 1604, concédé les terres de Port-Royal. Celui-ci sollicita, pour l'accompagner, l'avocat Marc Lescarbot, poète et écrivain, originaire de Vervins(2). Le départ du Jonas, prévu pour avril, ne put avoir lieu qu'à la mi-mai 1606, en raison de divers incidents, délai que l'équipage et les passagers du Jonas mirent à profit pour scandaliser par leur comportement dissolu, les autorités huguenotes de la ville.

Marc Lescarbot. Vers 1640. >
Illustration tirée de Marc Lescarbot,
le chantre de l'Acadie de Louis-Martin Tard. XYZ. Québec. 1997.

 

Espoirs et déceptions

Arrivés fin juillet à Port-Royal, Poutrincourt et ses gens apprirent que 12 des 45 hivernants avaient péri du scorbut au cours de l'hiver précédent. En septembre 1606, le sieur de Poutrincourt, laissant la « maison » de Port-Royal à la garde de Lescarbot, équipa une barque et une chaloupe pour partir en reconnaissance avec Champlain.

Ils s'attardèrent à refaire l'itinéraire déjà reconnu par le sieur de Mons, jusqu'au Cap Mallebare, en vue de trouver un emplacement plus au sud, sous un climat plus clément. Passé ce Cap, ils gagnèrent un abri baptisé Port- Fortuné (actuel Stage Harbour). Là, l'expédition fut victime d'une attaque des Indiens Etchemins, causant des morts et des blessés. Poutrincourt et ses hommes regagnèrent Port-Royal, à l'entrée de l'hiver. Pour fêter leur retour, Lescarbot fit représenter dans la baie un spectacle de sa composition : « Le Théâtre de Neptune », la première pièce de théâtre à avoir été jouée en Amérique du Nord. Grâce à l'institution de « l'Ordre du Bon Temps », chargé de veiller à l'approvisionnement de la table ainsi qu'au gibier abondant, « nous passâmes cet hiver fort joyeusement et fîmes bonne chère », raconte Champlain. Hélas, à la fin de mai 1607, une barque se présenta, apportant des lettres du sieur de Mons : celui-ci donnait l'ordre à Poutrincourt de rapatrier en France toute la colonie de Port-Royal. En effet, le roi se préparait à révoquer le monopole commercial concédé à la Compagnie de Pierre Dugua de Mons. Tandis que Lescarbot exprimait en vers toute sa déception, Poutrin court organisa le départ de Port-Royal dont la garde fut confiée au chef souriquois Mem - bertou, ami et allié fidèle des Français de l'habitation.

 

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