Les cavalcades

Article publié le 28 février 2013 à partir des souvenirs de
Marguerite Barrière Ouvrard. Photos coll. Barrière-Ouvrard

coll. Gerbault-Seureau
 

 

À la fin de la guerre, dans une ville entièrement détruite, les Royannais ont soif de distractions. Malgré des conditions de vie très précaires, de nombreuses fêtes ont lieu et notamment des cavalcades de quartier, organisées par les commerçants. Ceux-ci sont installés provisoirement dans deux cités commerciales faites de baraquements en bois. Celle de la rue des Gardes (à l'emplacement de l'actuelle résidence des Fauvettes) et celle que l'on nommait Poste-République (sur l'actuelle Tache Verte côté poste). Cette dernière était née notamment du refus d'Aimé Barrière, propriétaire du Petit Paris, d'accepter un petit magasin placé en deuxième position dans la Cité des Gardes. Les commerçants de Gambetta s'étaient alors regroupés dans une seconde cité commerciale.

La première cavalcade a lieu le 1er mars 1951 à l'initiative de Jeanne et Aimé Barrière qui fédèrent les commerçants. Ils possédaient avant-guerre un magasin de vêtements, Au Petit Paris, pour hommes et femmes, mercerie, dentelles, canevas... Ce premier défilé a pour thème les gitans. Léon Nicolle, maire des Mathes, a prêté une vraie roulotte tirée par un cheval. Le soir, lors de la fête au casino en planches, tous les gitans du défilé se retrouvent pour une fête mémorable. La cavalcade part de la gare, remonte l'ancienne rue de la République mais ne va pas très loin car tout est en reconstruction.

Devant le succès, les cavalcades prennent de l'ampleur. Chaque quartier choisit un thème différent. Beaucoup se souviennent du Char des sauvages du quartier Briand. En 1953, la Poste République choisit l'Amour en cage.

 

L'amour en cage, Croquis

Croquis de travail préparatoire à la réalisation du char par Jeanne Barrière

 

L'amour en cage, Photo

Le char, les amoureux et les gardiens, représentés pas des enfants. La tonnelle que Jeanne Barrière avait fait réaliser par un serrurier, est toujours dans le jardin d'une maison de la famille.

 

 

Le 10 avril 1955, la Cavalcade fait revivre la Belle Époque. Les immeubles en arrière-plan sont en cours d'achèvement. Le Portique accueille déjà le public.

 

En 1958, c'est l'apothéose avec Violettes Impériales. Inspiré de l'Operette de Richard Pottier, le film, sorti en 1952 avec Luis Mariano et Carmen Sevillla, raconte le destin exceptionnel d'une petite marchande de fleurs, sous le Second Empire, qui croise la route de la future impératrice Eugénie. Jeanne Barrière a la haute main sur la création des chars et des costumes. En artiste, elle dessine les décors, coupe le tissu des costumes pour les couturières, dirige la réalisation, grime les acteurs. Pour Violettes Impériales, elle transforme le directeur du magasin de meubles Le Tallec en Napoléon III et la caissière du Sporting en Eugénie.
La ville reconstruite a désormais son nouveau visage, les commerçants sont installés définitivement dans chaque quartier. Le défilé part de la gare, passe par le port, le boulevard de la République, le boulevard Briand, la rue Gambetta, le Front de Mer, et l'avenue de la Grande Conche. Comme toujours, tous se retrouvent le soir au Casino en bois qui va bientôt laisser place au Grand Casino Municipal de l'architecte Claude Ferret.

 

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