Le sport équestre à Royan

Première étape : Royan-hippique 1948

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Cette association a vu le jour en septembre 1948, avenue de la Grande Plage, dans les allées du lotissement de Vallières à Saint-Georges de Didonne. Un garage pour box et un seul cheval, Valseur. La présidence était assurée par Maître Petito, avocat bordelais exerçant à Royan, chargé de cours à la Faculté de Bordeaux et à l'école Supérieure de Commerce. Il y avait huit membres actifs.
Les créateurs de la Société, MM. Pelletan et Morisset assuraient la mise en selle, avec l'aide d'un ancien jockey et entraîneur de courses, M. Cathala.
La Société, ainsi constituée, prenait la suite de la société de Concours Hippique d'avant-guerre. Elle connut un succès assez rapide et de nombreux nouveaux adhérents. Le nombre de chevaux passa à cinq, dont le célébre Nagos, pur sang anglais et un poney. Elle s'établit dans un nouveau local, avenue de l'Océan, dans le rez-de-jardin d'une villa et un blockhaus. Deux frères, les Bertrand, de Saint-Agnant, prirent la suite, comme soigneurs et moniteurs.

La présidence fut alors assurée par Marc Quentin, architecte royannais bien connu.
Un des membres du Comité directeur, neveu de l'architecte Offelt, se rendit acquéreur d'un terrain situé près du Pont-Rouge, chemin de la Lasse, et le mit à la disposition de la Société durant quelques années. Certains membres de l'Association apportèrent des fonds pour y construire des boxes et hangars à fourrage.
Le lot de chevaux d'instruction fut renforcé par des montures acquises par des sociétaires, offrant la possibilité de participer, déjà, à des compétitions modestes mais officielles.

 

Deuxième étape : La société hippique de la Côte de Beauté 1955

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À la même époque, une nouvelle Société s'était constituée, destinée également à promouvoir le sport équestre. Elle était présidée par Maître Petureaux de Gémozac et employait comme moniteur-palefrenier, un ancien militaire, M. Bouhier. Dans une perspective d'entente et de rapprochement, Royan-Hippique mit à la disposition de cette société le matériel d'obstacles provenant de la Société de Concours Hippique d'avant-guerre dont elle avait hérité, en vue d'organiser un Concours hippique mixte, c'est à dire civil et militaire, sur le terrain de rugby de l'avenue de Verdun (futur stade Mathé) au mois de Juillet 1955. Cette manifestation, de bonne qualité, marqua le renouveau de la tradition du Concours hippique de Royan.
En 1956, les deux associations convinrent de fusionner sous la mention de Société Hippique de la Côte de Beauté dont les missions étaient la formation des cavaliers, le dressage des chevaux et l'organisation de compétitions. Rapidement, la nouvelle Société compta plus de 50 adhérents, passionnés et très actifs.
Mais la même année, le propriétaire du terrain du Pont-Rouge décida de le récupérer pour son usage personnel. Il s'ensuivit la dispersion de l'ensemble de la Société dans des locaux provisoires et précaires. Une partie fut hébergée sur un terrain appartenant à la famille Laroque à Saint-Georges de Didonne. Une autre trouva refuge dans la forêt de Suzac, dans des lieux appartenant à un ami, Charles Bussutil, transporteur, homme de cheval très compétent.

Le Maire de Saint-Georges de l'époque, le docteur Frenal, proposa les arènes de Vallières, dotées de boxes et d'un terrain d'évolution. Ce ne pouvait être qu'une solution temporaire pour une Société qui espérait trouver un établissement lui permettant d'épanouir sa vocation de développement du sport équestre dans une ville en pleine renaissance.

 

Troisième étape : Le Fort du Chay

Emergence de "l'esprit club"

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La Municipalité de Royan, son Maire, l'Amiral Meyer et son premier adjoint, Monsieur Matras, mirent à la disposition de la Société le terrain du Fort du Chay, appartenant à la Marine.
Tout était à aménager, les terrains d'évolution, les boxes, en utilisant les casemates d'avant la guerre de 14-18 et les blockaus de la dernière guerre. Avec le concours très actif de la D.D. E., dirigée par Jean Chardonnet , serviteur convaincu de l'expansion de Royan et les nombreuses bonnes volontés, cet espace stérile devint un lieu vivant au service des pratiquants du sport équestre, alors en plein essor et apte à l'organisation de compétitions d'un haut niveau. Le développement de la Société trouva en la personne de Jean-Paul Lagrassière, instructeur qualifié et de son adjointe, Melle Pontus, championne de Concours hippique belge, un encadrement de qualité.

 
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La Société va recruter aussi, à cette période celui qui deviendra un irremplaçable homme à tout faire, le palefrenier William, qui, jusqu'à son décès, apportera ses soins aux chevaux et aux installations du club.

C'est à ce moment que naquit véritablement chez les sociétaires et les dirigeants l'esprit club, avec la volonté de développer ce centre enfin stabilisé. Tous, quelles que soient leurs occupations dans la vie civile ont apporté leur dévouement et leurs compétences : maçons, charpentiers, électriciens, bricoleurs, jardiniers et toute une équipe de bénévoles, sans qualification particulière, sinon leur passion pour le cheval et l'équitation. Parmi eux, rappelons les noms de MM. Nicolle père et fils, des Mathes, du Commandant Leblond, un ancien de Saumur, en retraite à Royan qui a contribué à relancer à Royan la belle équitation traditionnelle, les Potier, Robin, Barrière, Courcy, Dunand, les frères Pergay, les familles Barbineau, Le Meillat, Pigeonnier, Bujard, Delair etc... Ce dynamisme valut à la S.H.C.B. (Société hippique de la Côte de Beauté) la sympathie et le soutien de la grande famille du cheval au sein de la région : les Sociétés de La Rochelle, Saint-Jean d'Angély, Angoulême, Chasseneuil, Bordeaux, Saintes, Limoges.
Raymond Poupard, Directeur du Haras de Saintes et sa femme furent si attachés à ce Club que lorsque Raymond quitta le Haras de Pau où il termina sa carrière, il vint s'établir pour sa retraite à Royan et ils continuèrent tous deux de monter à cheval au club qu'ils avaient contribué à développer.

 

Une pépinière de bons cavaliers

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Assurés de tels soutiens, les dirigeants de l'époque, Albert Pétureaux, Maurice Betous, Pierre Bouchet, pouvaient envisager les projets les plus ambitieux. C'est alors que J.P. Lagrassière quitta le Club pour une place d'instructeur en Bretagne. Il fallait pourvoir à son remplacement car le nombre de pratiquants augmentait, notamment dans la tranche d'âge 14-15 ans.
Le colonel Jouslin de Noray, qui avait servi dans un régiment de dragons, prenait sa retraite à Royan, dans sa villa située à 500 m. du Fort du Chay. Il accepta le poste d'instructeur qui se trouvait vacant. Sa mission, en accord avec le Comité directeur, était de continuer la formation équestre pour adultes et jeunes, avec un effort particulier pour la préparation des espoirs en vue des compétitions officielles : concours de sauts d'obstacles, concours complets d'équitation, dressage, courses plates et d'obstacles. La préparation était surtout basée sur les grands principes du Comte d'Aure, l'équitation d'extérieur, les évolutions à vive allure dans les galops en suspension. C'est ainsi qu'ont été formés des jeunes capables de participer avec succès à des compétitions de courses plates, notamment, Marie-France Domecq, Brigitte Pétureaux et Jean-Marie Bussutil, qui remportèrent des victoires sur les plans régional et national.
Le couronnement de ces efforts fut, à l'issue d'une année de sélection, les deux places de premier et second, obtenues par deux jeunes de la S.H.C.B., Xavier Danze et Bernard Gombaud, au Championnat de France de stepple-chase pour cavaliers de Société Hippique qui se déroula à Pau en 1959 .

L'un d'eux montait un pur-sang arabe, Meton et l'autre Avenir, pur-sang anglais.
Une réserve de jeunes cavaliers se trouva constituée à la grande satisfaction des dirigeants, comme Maurice Betous ou Pierre Bouchet qui, en dépit de leurs activités professionnelles, accompagnaient chaque dimanche, à partir du printemps, les espoirs du Club sur tous les terrains de concours de la région. C'est ainsi que furent mis en selle, sous le regard pas toujours indulgent de leurs ainés, les jeunes Robert, Betous, Biot, Biardeau, que rejoignaient en été, les vacanciers venant de Bordeaux, Toulouse, Agen...
Les aménagements réalisés, les conditions d'accueil rendaient désormais possible l'organisation d'un Concours hippique de haut niveau, renouant avec les grandes manifestations d'avant guerre qui se déroulaient sur le site tout proche du phare du Chay.

 

Le retour des Concours Hippiques Internationaux

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Des contacts furent pris à tous les niveaux pour assurer un spectacle de choix.
La participation des grands cavaliers nationaux fut rapidement acquise en plus de celle de l'élite des cavaliers régionaux, Giraud, Lebrun, Calmont, Dasque, Bastin-Lavauzelle, Jouy, Couprie, Vézia. Pour l'étranger, la S.H.C.B. pouvait compter sur la diligence du grand champion international, Jonquière d'Oriola et l'influence de Jean de Laurière, de Chasseneuil. Ces deux hommes furent à la clé de l'organisation du premier Concours International de Royan en 1961 avec comme chef de piste, Salmon de Limoges et à la présidence du Jury, le Bordelais Charles Carde et son adjoint Pierre Baggio. La Municipalité de Royan accompagna cet effort par des subventions destinées à l'aménagement des pistes et au logement des chevaux. De son côté, la D.D.E., aidée par les services techniques de la Ville, mit en état les terrains de compétition et de détente.
Cette première édition remporta un bon succès populaire et sportif qui encouragea la poursuite et ouvrit la voie à des manifestations de plus grande ampleur, avec l'appui de la Fédération Française des Sports Equestres. Les villes de La Baule et de Biarritz se rapprochèrent de Royan, en vue de créer un challenge qui se déroulerait successivement dans les trois villes; ce sera le Ruban de l'Atlantique que recevra le gagnant des trois épreuves cumulées.
Durant quelques années, le Fort du Chay fut l'arène magique où se déroulaient les concours internationaux, rehaussés de spectacles équestres, fêtes et galas. Ces manifestations engendrèrent parallèlement un alourdissement considérable des tâches pour les organisateurs et les dirigeants de la Société, bénévoles pour la plupart : il fallait prévoir la réception des officiels, les drapeaux, les hymnes nationaux, les transitaires en douanes pour les chevaux étrangers. Les tracés et plans des épreuves furent confiés à un ancien cavalier international, le colonel Brousseau d'une compétence indiscutable. Le jury fut renforcé et présidé par le général Boucau qui avait conservé pour l'entourer l'ancienne équipe et auquel le réglement avait ajouté un juge étranger.
La Fédération Française des Sports Equestres fournit un speaker officiel, chargé, non seulement de commenter les épreuves mais d'animer la manifestation pour un public toujours plus nombreux.

Une novation essentielle fut introduite avec l'éclairage du terrain pour les épreuves et spectacles en nocturne. Ce fut M. Gombaud, père du jeune cavalier déjà cité, qui le réalisa. Il en assura l'installation en implantant des poteaux reliés à des cables d'acier fixés sur les blockhaus, vestiges de la dernière guerre. Réussite et fiabilité parfaite pour un coût très inférieur à ce qui était proposé par ailleurs. Grâce à toutes ces bonnes volontés, à l'équipe très soudée des mêmes dirigeants, mais avec des aides toujours plus nombreuses, Royan a conquis sa place parmi les grandes places internationales, en matière de sport hippique.

 

Cavaliers prestigieux, succès populaire

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Le terrain du Fort du Chay a vu galoper les meilleurs cavaliers sur le plan national et a démontré le niveau supérieur de l'équitation étrangère. Un souvenir inoubliable pour ceux qui ont vécu ce moment : le jeune et déjà célèbre cavalier brésilien Nelson Pessoa, soudé à sa monture, le cheval gris «Gran Geste» à qui il faisait saluer successivement le jury, la tribune d'honneur, puis les tribunes et le public assis sur les terre-pleins, avant le plus souvent de remporter l'épreuve. Quel panache et quel sens du spectacle !
Il faut aussi saluer, bien sûr, le triomphateur par deux fois aux Jeux Olympiques, Pierre Jonquières d'Oriola, qui démontra à Royan sa virtuosité et son sens du cheval : En 1964, alors qu'il «rodait» le cheval Lutteur, à l'issue d'un parcours où il avait pourtant fait deux fautes, il s'approcha du chef de piste, le Cdt Brousseau et lui dit d'un ton assuré «cette fois, mon commandant, je l'ai, le cheval» et deux mois plus tard à Tokyo, il remportait la médaille d'or avec le même Lutteur.
A côté des épreuves sportives, de grands spectacles ont été proposés au public de ces concours : le Cadre Noir de Saumur, la reprise des douze de la Garde Républicaine, les lanciers de la Garde Espagnole de Barcelone, les Cosaques Voltigeurs, le défilé des calèches du Haras de Saintes dans la grande tenue de présentation, la soirée «vénerie» avec les différentes phases d'un «courre» exécuté sur la grande pelouse par l'équipage de Vergie, de Poitiers, au son des trompes du rallye de Niort. Certains se souviennent peut-être qu'en 1962, les calèches du Haras de Saintes qui ouvraient la voie aux spectateurs venant par le boulevard Baillet et par le Front de Mer avaient drainé plus de 6000 personnes. Les quatre guérites de vente de billets s'arrêtèrent de fonctionner après avoir délivré 5000 entrées. Pour tous les autres, ce fut gratuit car une telle affluence dépassait les espérances.

 

Quatrème étape : le complexe hippique de Maine-Gaudin

Un nouveau défi

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En 1966, la Société Hippique de la Côte de Beauté a donc conquis une place de choix dans l'animation de la cité royannaise, avec 300 membres permanents, une quarantaine de chevaux, une participation croissante des jeunes. Il faut souligner, parmi les sociétaires, comme parmi les dirigeants, l'importance de l'élément féminin, à une époque où il n'était pas nécessaire de décider la parité !
C'est alors qu'un nouveau défi est lancé à cette Société : Un complexe hôtelier et de thalassothérapie est envisagé au Fort du Chay. La Municipalité décide de créer dans le massif boisé de Maine-Gaudin sur une concession à bail de 120 hectares, un vaste complexe sportif et de loisirs incluant le Centre Equestre, et aussi un golf, pour répondre au développement de ce sport. Le projet recueille l'aval des ministères concernés, de l'agriculture et du tourisme. Les subventions sont accordées. En ce qui concerne le centre hippique, la Fédération Française des Sports Equestres et son Président M. Guichené, la Société hippique française et la Ligue Poitou-Charentes approuvent sans restrictions. La commune de Saint-Palais, avec l'appui des deux maires successifs, M. Barreaud et M.Ville contribue à la viabilité et aux différents aménagements. Les travaux se déroulent à partir de 1969. Les plans des installations, manège, écuries, club-house sont l'oeuvre de l'architecte Marc Quentin, dont on se souvient qu'il avait été l'un des premiers présidents de Royan-Hippique. Quel chemin parcouru ! Les impératifs financiers l'ont contraint à modifier six fois son projet. Il enchasse l'ensemble des bâtiments dans une clairière de pins, dans une perspective «écologique» avant que le terme soit devenu à la mode.
Pendant les quatre années nécessaires pour mener à son terme le complexe hippique de Maine-Gaudin, la S.H.R.C.B., Société Hippique Régionale de la Côte de Beauté, nouvelle appellation conforme à son rayonnement régional, a poursuivi ses activités au Fort du Chay, mais en mettant en sommeil le Concours Hippique International.

 

Transition réussie

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Des équipes nouvelles sont arrivées progressivement aux commandes, remplaçant ou déchargeant les «anciens» : Françoise Robert, Hubert Thomas, la famille Tacquet, les familles Héraud, Bétous, Marcel Robin et sa femme, Mmes Poujade, Noiret, Thomas, Françoise Jamet, toujours soutenues par des dizaines de volontaires pour toutes tâches, en tous temps et en toutes saisons. De vieux amis, M. et Mme Rembert assuraient la permanence au Club-House.

En interim, pour l'instruction des cavaliers, Hubert Jean a maintenu le niveau des pratiquants en attendant l'arrivée d'un nouvel instructeur diplômé, François Serrel, issu du vivier des jeunes qui, depuis des années, s'étaient formés au Fort du Chay. Par la suite, il devint l'entraîneur des chevaux de la Fédération pour les Internationaux de Concours Complet. Il fait partie de ceux qui nous ont quitté trop tôt mais sa fille Magali, aujourd'hui collaboratrice de la revue L'Eperon, perpétue le souvenir de son père et de sa mère, Adeline Bétous.
Reconduit sur le plan national en 1971, le Concours Hippique de Royan, dans la magnifique clairière du Maine Gaudin, a pu dès 1972, retrouver sa renommée et sa qualification de Concours International.

Dans la mise en place de cette grande manifestation, il faut encore rendre hommage à des hommes de grande qualité humaine et professionnelle, les artisans menuisiers Jean Hay et M. Bonnavita et le peintre M. Guitton qui avaient en charge la confection et l'entretien des obstacles et se sont toujours arrangés pour que tout fût prêt à temps et de manière irréprochable. L'éclairage électrique du nouveau terrain fut réalisé par un autre ami André Delusset, dont l'épouse, Colette, prenait sa part dans l'organisation générale de la Société.

À suivre...

Cécile Bétous, Marie-Claude et Pierre Bouchet

 
 

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