La Grande Traversée

Journal de bord du Tarapaca

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  • Le 23 Mai : Appareillage de Ponta Delgada, la flotte s' ébroue mollement sans que ce soit un départ groupé, «It's hard leaving Azores». Notre équipage à changé comme prévu, Michel et Jean-Philippe regagnent leur Charente respective, Jean-Luc Deveaux embarque pour cette étape de trois semaines. Nous longeons la côte jusqu'à la pointe extrême ouest de l'île avant de mettre le cap sur Pico et Faial, tourisme oblige. Nous ne pousserons quand même pas jusqu'à faire escale escale à Horta comme une dizaine d'entre nous...
  • 24 mai, petit matin avec quelques voiliers de la flotte GTA, ça n'avance pas bien vite avec ces brises changeantes et ce petit clapot que le bateau n'aime pas du tout. Encore un souci avec la grand-voile pourtant flambant neuve, une butée de latte vient d'éclater. La marque à l'enseigne du «roi Paul» n'est vraiment plus à la hauteur je n'en essuie que des déboires depuis notre départ de Royan.
  • 25 mai, levant sous Pico, comme prévu, nous le numérisons à tout va jusqu'à ce que "Hélio d'or" vienne se cadrer dans nos objectifs. Il doit relâcher à Horta pour panne de moteur et d'enrouleur... Nous sommes accueillis au passage du canal de Faial par des grains avant d'aller tirer un bord jusqu'à la magnifique colonnade du Castello Branco, restes des cheminées d'un volcan semblant avoir basculé à la mer. Nous continuons jusqu'à la pointe Capelhinos et son volcan, situé à l'ouest de l'île, dont l'éruption très locale en 1957 dura 13 mois. Le navigateur solitaire Marcel Bardiaux en montre l'ampleur sur une des photos de son livre "aux 4 vents de l'aventure" et site une eau particulièrement chaude à son passage. Cap ensuite sur Flores, et oui ça allonge un peu la route mais c'est les vacances. Nuit calme, plus de vent, je tarde à démarrer le moteur, ce n'est pas le gasoil qui manque mais le tintamarre du Perkins transforme la cabine en celle d'un tracteur. J'ai fini de réparer la buté de grand voile.
  • 26 mai, nous venons de passer le 30° ouest, la journée fera donc 25 heures, la voilà donc la solution pour travailler plus et gagner plus de miles, je n'ai pas voulu rater le levant vers 4h30 heures du bord). Nombreux dauphins, et quelques petites baleines et des tortues de mer assez lymphatiques. Flores apparaît toute voilée, je propose de reconnaître la côte sud et son petit port, où une quinzaine de voiliers sont à l'ancre on aurait presqu'envie d'en faire autant. Les prévisions météo ne nous incitant pas à nous attarder, et c'est vraiment dommage, nous virons le sud de l'île pour nous retrouver vent dans le nez, tout ce paye ! Cap sur l' Amérique ! A défaut de thon, Andrew nous ramène un ... maquereau pour ce soir à rajouter avec quelques sardines à l'huile le compte y est.
  • 27 mai, vent d'ouest ! Nous tirons un grand bord vers le 230°, pour aller trouver mieux comme vent, il fait chaud, un front se forme dans le NW, pas de mail météo de Denis, on prend de mauvaises habitudes avec ce truc là, loin l'époque ou je traversai avec juste mes pilot chart et sans bulletins aucun. A minuit au changement de quart, le vent revient au NW, ah !
 
  • 28 mai : Trop beau pour durer, le vent tombe à 4 heures ce matin, avec le clapot ça brinquebale, mer "shoppy" comme dit Andrew. Vacation avec France Bleu à 10h, juste avant la pluie, avec du vent qui vient de partout, nombreuses manoeuvres avant qu'Eole ne s'installe au WNW, avec la petite houle croisée nous voilà à redescendre au SW ! Temps couvert jusqu'à la nuit, à enrouler à dérouler, et oui avec la GTA que de mutation sur Tarapaca, Irridium, Radar, Internet, enrouleur, il y en a qui doivent se marrer. Heureusement il y a encore les prises de ris, la trinquette et le solent à établir de temps en temps.
  • 29 mai, le vent redevenu NW dans la nuit-chouette route directe !- a chu avec le levant, "TVA" dont nous guettions les feux derrière nous a fini par nous rattraper, avec le fisc c'est normal. "Tony" (Perkins) ronronne depuis que j'écris. Grand soleil et cumulus.
  • 30 mai, enfin du suroit, tout dessus au prés route directe toute la journée, il fait même assez chaud un régal. A la tombée de la nuit juste avant de servir le diner, j'entends Andrew gueuler, Oh she blows ! Un couple de rorquals vient passer sous le boute dehors et fait des cercles autour du bateau pendant une heure. Andrew tu as deux semaines pour parfaire ton français, un deal avec Tricia son épouse.
  • 31 mai, le vent s'est renforcé, a viré un peu ouest et s'essouffle en ce moment, petite pluie d'après la météo de Denis, on ne va pas encore être gâté question vent. Nous avons croisé un cargo, le "Bianco Zealand" TOMOROW IS A BIG DAY !!
  • 1er juin, après une fin de journée et une nuit a subir le ronron de "Tony", petite rafale de nord ce matin au cours de laquelle Andrew ayant du prendre la barre avec un doliprane was enjoyed to sail again, belle mâtiné ensuite à faire sécher le linge et à chasser l'odeur de fennec qui s'installe... Big advertise : a midi précise -Tu locale- lancement comme prévu du yacht de 1 pied "Endeavour2" par environ 40 N et 41 W, nous pendrons la méridienne pour le vérifier, venez nombreux, chemise GTA et charentaises de rigueur, pendant ce temps je reçois un SMS de Bernard qui inaugure le grand livre à Québec. A bientôt, et merci à toi O Denis pour ta météo même si elle est quelquefois erronée, cela nous occupe l'esprit. Finalement vers treize heures, mise à l'eau de "Endeavour 2" par grand beau temps, Andrew tu es vraiment sûr qu'on ne va pas le rechercher ? No , no... Oui du grand beau et du bon temps mais à lire les bulletins de Denis Hugues, profitons en, avant de faire du noroit dans le détroit de Cabot....
  • Le 4 juin : Bonjour, dernières nouvelles, pas grand chose, le labrador se fait attendre... Il y aura de la peinture à faire à Gaspé, par précaution si tu peux amener un suplément de marron, demande à karine. 4 juin, la routine s'est installée à bord avec cette bonne brise de sud ouest, le bateau allonge la foulée, hier nous avions même un peu de courant sur tribord arrière, toujours bon à prendre. Grand beau temps, avec ciel légèrement ouaté, très lumineux, nous guettons le thermomètre mais l'eau n'a rafraîchi que de 4° pour le moment. Quelques oiseaux font leur apparition avec parmi eux des satanites nom donné aux pétrels tempête, et à notre voilier précèdent... Quelques dauphins aussi plus joueurs que jamais, enfin ça il y en a tous les jours. Dans quelques heure nous abbatrons vers le détroit de Cabot...
 
A bord du Tarapaca
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Le voilier de l'Agglomération Royan Atlantique

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Il y a des passagers clandestins à bord du bateau de l’Agglomération Royan Atlantique ! Grâce au site Internet de l’ARA, il suffit de se connecter pour monter à bord. Cartographie, météo, photos, vidéos, journal de bord, tout est sur le Net. Petit tour sur le site.

Le site Internet de l’Agglomération Royan Atlantique s’ouvre sur le Grand Bleu, l’océan vu du satellite. Sur cette immensité, les voiles des quatre bateaux du Pays Royannais matérialisent la route depuis La Rochelle. C’est bien une Grande Traversée entre l’Europe et l’Amérique. Les bateaux, comme de petites fourmis, naviguent sous nos yeux vers la baie du Saint-Laurent. Avec eux, on met le cap sur Gaspé, dernière étape avant la remontée du fleuve et l’on apprend que le nom de cette ville signifie «fin des terres» en indien Micmac. Facile à comprendre avec la carte. On imagine la navigation délicate dans cet immense estuaire et l’arrivée en fanfare à Québec. On se prend à rêver de baleines. On fait glisser la carte pour flirter avec le pays des glaces. Nos navigateurs vont être si près du Grand Nord.

Descente en piqué sur le bateau de l’Agglomération Royan Atlantique, petite voile rouge et blanche. A droite de la carte, s’ouvre l’Espace Images. On craque et on clique sur «vidéos». C’est parti pour le tangage et pour les embruns. Nous voici à la barre avec Alex en ciré jaune, les bruits du vent et du bateau qui grince. L’horizon monte et descend. Attention au mal de mer. Un étage au-dessous, Arnaud prépare les saucisses lentilles sur fond musical. Moment de détente et partie de rigolade entre mecs. Grâce aux images, on vérifie que nos marins ne friment pas en parlant des dauphins qui les accompagnent et l’on comprend comment deux navigateurs sérieux peuvent se transformer en telé tubbies dans le mauvais temps.

Maintenant qu’on est à bord, on prend le temps de lire la prose des équipiers. Le carnet de bord nous plonge au cœur de l’aventure et des mésaventures de la navigation : Comment ne rien pêcher alors qu’on est parti avec tout le matériel, les paris entre garçons (toujours celui qui va le plus vite), la température qui descend et l’humidité qui monte, les coucous aux parents, aux épouses restées à quai… Tous les jours, la Grande Traversée s’invite au bureau. Mieux que le loft. Pris au jeu, on se surprend à consulter la météo. Il suffit d’afficher la couverture nuageuse et les précipitations prévues. Pour voir quel temps nous, pardon… ils auront aujourd’hui.

A la fin, on y tient plus et on leur envoie un message perso. Bon vent et pas trop de folies à Québec. La réponse sera là demain.

 
 

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