Geo Maresté, peintre des Charentes, en villégiature à Saint-Palais-sur-Mer

Villa Saphir

Son travail ? La distillerie d'eau familiale installée à Cognac. Sa passion ? La peinture qu'il pratiquait dès que ses occupations professionnelles lui en laissaient le temps... ce qui n'était pas rare. On dit même que son travail ne l'occupait qu'une heure par jour ! Et les vacances pour ce peintre du bonheur ? Saint-Palais-sur-Mer et la Côte de Beauté, bien sûr.


Lieu de résidence

A la Villa Saphir, Corniche de Nauzan.
La villa Saphir existe toujours sur la Corniche de Nauzan, au milieu des autres « précieuses » Topaze, Emeraude, Opale ou Rubis...


L'exposition consacrée à Geo Maresté dans sa ville natale de Cognac en janvier 2011, au Musée de Cognac, nous a donné l'occasion de revenir sur la vie de ce peintre extrêmement doué qui cultivait l'art du bonheur et de la sérénité (voir biographie de Geo Maresté). D'autant plus, que le peintre de Cognac a beaucoup fréquenté la Côte de Beauté, dans sa villa Saphir, bien sûr, et ses voisines où résidaient d'autres Cognaçais, mais aussi chez ses amis, à la villa Camille, sur la plage de Nauzan.
Nombre de villas de Saint-Palais sont l'œuvre d'un même architecte, Edourd-Félix d'Espelosin. Installé à Tours, cet architecte connaissait bien Saint-Palais-sur-Mer où il venait en résidence dès 1898. Pour répondre à une demande croissante d'une clientèle privée, notamment d'une bourgeoisie aisée de Cognac, il y installe vers 1900 un bureau d'études. Fort de son succès, il imprime un style particulier à l'architecture de Saint-Palais comme le signale Frédéric Chassebœuf dans Les Villas de la Côte de Beauté : « En règle générale, ses réalisations se caractérisent par l'utilisation de la pierre taillée et de faux colombages en béton dans les parties hautes ». Il en est ainsi de la villa Saphir, construite dans les années 1910-1920.
Geo Maresté a cette époque a déjà fréquenté de nombreuses fois la Côte de Beauté. Si beaucoup de Bordelais ont choisi Royan et son quartier « branché » de Pontaillac pour leurs vacances, Geo Maresté et ses amis de Cognac préfèrent Saint-Palais-sur-Mer et sa simplicité. Tout d'abord, dans les années 1900, en location ou en pension de famille. Mais c'est sur la Corniche de Nauzan, face à la mer, face à Cordouan, et aux premières loges pour les couchers de soleil, qu'ils décident d'acheter. La petite bande d'amis de Cognac investit dans l'immobilier !
Ecoutons Gérard Dufaud, auteur du livre Geo Maresté, Reflets des Charentes, parler de ces années 1910-1925 : « C'est à Saint-Palais que désormais inséparables les amis cognaçais passeront les mois d'été. On s'installe en juillet, avec armes, bagages et domestiques et l'on n'abandonne la place que fin septembre. Les deux premières années, ils n'ont ni eau courante, ni électricité. Mais qu'importe ! Il y a les puits au fond du jardin et les lampes à pétrole. Ils vont se baigner à Nauzan en passant par les rochers et l'escalier aménagé par le Syndicat d'Initiative... Mais c'est le bord de mer de Saint-Palais jusqu'à la Grande Côte qui reste leur destination préférée surtout les jours de gros temps ou de forte marée. Le Pont du Diable, le Puits de l'Auture, sites mystérieux et sauvages enchantent le peintre et ses amis... » Geo et son épouse apprécient également la compagnie de la Duchesse de Rohan, qui loge, à quelques centaines de mètres de chez eux au Domaine des Fées. La Duchesse de Rohan demande même à Maresté quelques cours de peinture...
Et la peinture de Geo Maresté reflète tous ces moments de bonheur, de tranquillité avec son épouse et ses amis... Les dames prennent le thé dans le jardin de la villa Camille qui domine Nauzan (actuellement le bar à moules, chez Lolo), Tante Jeanne s'assoit sur les rochers de Vallières, un jeune modèle se dénude sur la plage de la Grande-Côte, les enfants, jouent dans les vagues, le chemin de la plage de Nauzan et ses chênes verts accueille les siestes à l'ombre et les pique-niques tout comme le sentier des douaniers à Vaux-sur-Mer... Fréquenter les toiles de Maresté, c'est partir en reportage sur la côte atlantique, longer l'estuaire jusqu'à Meschers, flâner sur le port de Royan, vibrer aux cieux d'orage sur le Grande-Côte... Certes on est en reportage sur les pas d'une bourgeoisie tranquille à la vie aisée, mais ses croquis au crayon racontent quant à eux la vie des paysans, avec une inspiration plus sociale... D'ailleurs Geo Maresté ne se refuse aucune technique : huile, gouache, aquarelle, pastel, sanguine, crayon ou fusain, nu aucun support, papier, carton, toile, bois... Il apprécie également les collages... Et s'il a connu l'impressionnisme (dont il est un représentant charentais), il s'est intéressé, sans se laisser influencer, aux autres courants de peinture, Art moderne avec Gauguin, Matisse ou Picasso, mais aussi l'Abstrait avec Kandinsky... Décédé en 1940, il laisse une œuvre magistrale (plus de 2000 créations !). Voir quelques oeuvres de Géo Maresté.

Source : Geo Maresté, reflet des Charentes de Gérard Dufaud aux Éditions Bonne Anse.

 et Les Villa de la Côte de Beauté de Frédéric Chassebœuf aux Éditions Patrimoines Media

 

 

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