Bouchet Paul

(1896-1973)


Né à Royan, Paul Bouchet est associé à son frère Louis dans le commerce familial d'épicerie et de vins en gros. Durant l'Occupation, il partage les activités clandestines de Louis, chef local de la Résistance. Tous deux sont arrêtés le 9 février 1944 et internés à la prison de Lafond. Louis sera déporté mais Paul, mis hors de cause par son frère, est libéré au bout d'un mois environ. Il reprend sa place dans la Résistance sous l'autorité du nouveau responsable, le pasteur Besançon. Il se montre prudent, se sachant l'objet de filatures journalières de la gestapo qui espère, grâce à cette surveillance, mettre la main sur le commandant Thibaudeau, chef départemental du mouvement Armée Secrète et sur son adjointe Madeleine Fouché. Lorsque cette surveillance se relâche, faute de résultats, Paul relève le pasteur Besançon comme chef de la résistance royannaise. Avec son adjoint direct Daniel Arrivé, il réorganise les groupes Louis, créés par son frère et relance le service de renseignements sur les dispositifs militaires de l'ennemi sur les côtes, depuis Meschers au sud jusqu'à la forêt de la Coubre au Nord.
En septembre 1944, lors de la Poche de Royan, Paul Bouchet est le responsable principal du Conseil de résistance local et a sous ses ordres 15 groupes de dix hommes déterminés à combattre ...mais sans armes. Cependant ils ne demeurent pas inactifs, organisant des filières d'évasion pour les résistants traqués ainsi que des relais pour le courrier vers les villes libérés et notamment Saintes où se trouve l'état-major du Colonel Adeline, commandant des forces françaises du Sud-Ouest. C'est au retour d'une entrevue avec ce dernier, le 3 novembre 1944 que Paul Bouchet ainsi que Daniel Arrivé et Jean Vaurigaud d'Etaules sont arrêtés par une patrouille allemande en tentant de traverser la Seudre dans le secteur d'Avalon- Arvert. Avant leur capture, ils tentent de se débarrasser d'une musette contenant des documents compromettants mais celle-ci est repêchée le lendemain et transmise à la Gestapo. Les trois prisonniers sont jugés par un conseil de guerre allemand. Paul Bouchet, ayant pris toutes les charges sur lui, est condamné à mort pour espionnage.
La sentence de mort ne sera pas exécutée. En effet, la situation laisse présager une attaque prochaine et une reddition probable du réduit allemand. L'Etat-Major du Général de Larminat à Cognac a adressé un courrier à l'Amiral Michaelles commandant allemand de la poche de Royan, menaçant les occupants de sévères représailles en cas d'exécution des condamnés. Le 2 janvier, au cours d'une entrevue entre le commandant Meyer et Michaelles, le Français obtient la grâce de sept prisonniers, dont Paul Bouchet.
D'abord détenus à la prison allemande 10 avenue de Pontaillac, les prisonniers, au nombre de trente sont transférés après le bombardement du 5 janvier, à l'Océanic à Saint-Georges de Didonne, puis à l'Hôtel de la Paix à Saint-Palais sur Mer. Lors de l'attaque de la Poche, les 14 et 15 avril, réfugiés au Platin dans un abri rocheux sous la conduite de Paul Bouchet, ils font prisonniers leurs gardiens et les remettent à une compagnie de blindés français sous les ordres du colonel Rouvillois.
Après la Libération, Paul Bouchet est nommé président du Comité cantonal de Libération, chargé de l'épuration. Par la suite, il exercera par deux fois le mandat de conseiller municipal de Royan.
Il a reçu la croix de guerre 1939-1945 avec étoile d'argent, une citation accordée par le général Adeline.

Marie-Claude Bouchet


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