Vaesken Bruno

Bruno Vaesken, ancien directeur de Rustica SA, une belle carrière au pays de l'Art de vivre ! Bruno Vaesken, a dirigé jusqu'en 2008 la société Rustica, bien connue de tous les jardiniers de France. Aux commandes depuis 35 ans du seul hebdomadaire jardin européen, Rustica (250 000 abonnés !), il s'est décidé à quitter les responsabilités et les stress parisiens pour venir s'installer à Vaux-sur-Mer, en quête d'une nouvelle vie, avec comme horizon le Phare de Cordouan.

Comment êtes-vous arrivé dans le Sud-Ouest ? C'était un fief familial ?

Non, j'ai découvert la Charente-Maritime grâce à des amis, royannais depuis deux générations. J'ai eu la chance d'acheter il y a douze ans l'appartement que je louais précédemment dans une villa Belle Epoque en face de Cordouan. Royan et sa région me tiennent à ce point à coeur que quelle que soit la saison, nous avons fait l'aller-retour Paris-Royan une fois par mois pendant des années... L'envie de vivre pleinement ici s'est ainsi forgée !

A quelques toutes petites années de la retraite, un différend de stratégie avec son actionnaire principal le porte vers le « travailler autrement ». Une nouvelle vie pour  Bruno Vaesken.

Après 35 ans de Rustica, d'abord comme journaliste-reporter, puis rédacteur en chef du magazine éponyme et enfin directeur de la société et des rédactions, on ne peut pas dire que cette décision relève d'un coup de tête, souligne Bruno Vaesken. Ma vocation a toujours été de diversifier notre production, de créer des titres et de réunir autour d'eux des hommes avant tout. Mais la Presse, ces dernières années répond à d'autres logiques, principalement la sélectivité marketing, face à la concurrence des journaux gratuits et du web.

Revenons sur votre carrière. L'entité Rustica SA comprenait beaucoup de magazines...

Depuis l'hebdo jardin Rustica qui a fêté en 2008 ses 80 ans et que j'ai rejoint dès 1973, je n'ai eu de cesse de développer d'autres titres autour des thématiques jardin, terroir, cuisine et région. En 1991, j'ai créé le magazine Détours en France, persuadé qu'il manquait à la France et au patrimoine régional, une vitrine photographique et les témoignages des gens de pays. Un vrai groupe de presse d'Art de vivre est né enfin avec le rachat de Votre Maison qui deviendra le magazine de décoration dedans-dehors Votre Maison Votre Jardin, puis avec Cuisine et Terroirs qui rejoint ensuite le groupe car la cuisine va naturellement du jardin vers la maison. Il y a eu aussi Saison Cuisine, Saison Jardin, Pour nos Jardins...

Aux côtés des magazines de presse, on connaît les livres Rustica. Y-a-t-il quelques best sellers dans le domaine de la nature et du jardin ?

Tous les livres édités par Rustica Editions répondaient et répondent toujours aux mêmes thématiques : jardinage, cuisine, petit élevage, tourisme. Notre stand au Salon de l'Agriculture pendant des années a été un rendez-vous traditionnel et incontournable pour tous les lecteurs. Nous avons eu de beaux succès avec la série « La belle Histoire », celle de la vache, la poule,de l'âne ou« Comment faire son pain » et « Comment construire son four à pain », dans les années 80 bien avant les considérations écologiques de notre époque. Plus de 50 000 exemplaires pour ces deux derniers ouvrages. Humblement, l'une de mes grandes fiertés est d'avoir lancé le concept de « Jardiner avec la lune » et créé le pseudonyme de Céleste. Derrière se cachait une amie de ma mère très branchée sur l'astrologie et les mouvements du ciel.Un jour lors d'un dîner, je l'ai mise au défi de s'intéresser aux influences de la lune sur la conduite des fleurs et des légumes. En Allemagne, des études avaient été menées sur ce sujet. Céleste s'est prise au jeu et est devenue en quelques années la grande « prêtresse » des rythmes et des cycles lunaires. On ne pensait pas rencontrer un tel succès ! Chaque année, nous en vendions 100 000 exemplaires et « Jardiner avec la lune » des Editions Rustica reste encore la référence aujourd'hui malgré une concurrence farouche d'autres éditeurs qui ont bien senti là une opportunité de marché à saisir ! Autre preuve de cette forte tendance, quand nous ajoutions à l'hebdomadaire Rustica, une fois par an, le poster Lune, la diffusion atteignait presque les 500 000 exemplaires ! Exceptionnel, pour un magazine pratique hebdomadaire.

Tous les livres édités répondaient-ils déjà au courant écologique ?

Quasiment ! Je ne peux pas tous les citer, mais je pense qu'aucun des livres publiés ne serait à renier dans les nouvelles orientations indispensables pour sauver la terre des années 2000. J'ai eu la chance de rencontrer très tôt dans ma carrière Philippe Desbrosses, pionnier en matière de bio, agriculteur, écolo mais aussi docteur en sciences de l'environnement,créateur entre autres de la ferme de Sainte-Marthe (Loir-et-Cher), sanctuaire et conservatoire de variétés potagères et fruitières anciennes. Il m'a convaincu de faire adopter par nos lecteurs une nouvelle façon d'envisager son jardin et au-delà, sa maison et son environnement. Car attention, dans le jardinage de « Grand-Papa », il y avait aussi excès, aberrations et mauvaises habitudes environnementales...comme de verser de l'huile de vidange dans les trous des courtilières, insecte qui ravageait les potagers de l'époque. C'est ce message que j'ai tenté de faire passer au coeur de Rustica d'abord mais aussi dans les autres magazines tel Détours en France. Ainsi l'écologie et toutes les valeurs que l'on redécouvre aujourd'hui ont fait le miel de Rustica depuis les années 70 !
Si un lecteur avait depuis toujours suivi scrupuleusement tous les conseils, toutes les techniques démontrées - de la fabrication du compost à la santé par les plantes, des pompes à chaleur géothermiques aux châssis de fenêtres transformés en serre -il serait aujourd'hui le citoyen le plus « éco-responsable » jamais vu !
Je suis sûr qu'il en existe ! C'est une philosophie de vie que l'on a mise en place et qui aujourd'hui est l'enjeu même de notre survie.

Directeur d'un groupe de presse comme Rustica, cela veut dire quoi pour le grand public ?

Vaste programme ! Créer des magazines qui vont plaire et trouver leur public, avoir toujours en tête les intérêts des lecteurs et les intérêts financiers... Gérer une soixantaine de postes fixes et autant de pigistes tout en gardant une notion de société familiale où chacun se connaît et se respecte... Mais moi, je suis journaliste avant tout ! Donc cela signifie aussi un regard sur toutes les publications, sur toutes les pages qui étaient fabriquées. Ce regard distancié par rapport aux équipes de journalistes qui créaient le magazine était important. Comme je le disais souvent, avoir le nez sur le guidon ne permet pas de prendre les distances nécessaires par rapport au devenir d'un magazine.

Bruno Vaesken

Vous avez créé Détours en France... Vous pouvez nous raconter comment on en arrive à concevoir un magazine, un concept ?

Il y a vingt ans, il n'y avait pas de magazine de tourisme consacré à la France. L'idée bien sûr de faire un Géo français était tentante mais le pari n'était pas gagné d'avance. L'actionnaire majoritaire de Rustica, Rémy Montagne, père de Vincent Montagne aujourd'hui président de Média Participations, m'a suivi quand je lui ai présenté le concept d'un magazine au regard très documenté sur notre pays, ses régions et ses richesses de tous ordres :artisanales, touristiques, patrimoniales, culinaires... En vingt ans, nous avons constitué une véritable encyclopédie de la France, d'abord département par département. Bien sûr, certaines régions se sont toujours mieux vendues : la Bretagne, la Provence, l'Alsace, le Sud-Ouest mais nous nous sommes toujours arrangés pour que les régions les moins favorisées par la nature ne soient pas en reste. Car, elles ont chacune des richesses à valoriser. Le tout c'est de savoir mettre l'accent dessus en rencontrant les témoins les plus sincères pour porter leurs couleurs. C'est ce qui a fait le succès de Détours. Juste avant mon départ de Rustica, j'ai vendu le magazine à Uni-Editions, un éditeur qui a le même sens du régionalisme que Rustica. Je sais que Détours est en de bonnes mains avec lui.

Et aujourd'hui, la presse ne vous manque pas ?

Non, je la lis, je l'étudie, je suis à l'écoute des difficultés que rencontrent mes anciens collègues, administrateurs des messageries, des syndicats de Presse ou directeurs de groupes de presse. Si je suis aujourd'hui conseiller éditorial pour une école de journalisme à Paris, je veux garder du temps pour d'autres actions et d'autres passions. Je suis en création d'entreprise autour d'un projet de support papier de communication pour chambres d'hôtes et gîtes de charme. Et puis, cela fait plus de quarante ans que j'écris des chansons, je voudrais mettre un peu de mon énergie dans leur commercialisation.

Si l'on ajoute que Bruno Vaesken a aussi toujours peint, on comprend qu'il soit allé à la rencontre des couleurs et des paysages de Charente-Maritime, source exceptionnelle de création et de stimulation.

Parfum de flemme 4

Propos recueillis par Elisabeth Vaesken-Weiss.


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