L'Hotel de Ville

Article publié le 25/05/2015 par Christian Bellet et Gérard Moine

La commune, telle qu'elle existe aujourd'hui, est née d'un mouvement profond et irrésistible lors de la Révolution française de 1789. Voici la petite histoire, mouvementée, de la Mairie de Royan, de sa naissance quand, petit village de pêcheurs et d'agriculteurs, elle fut élevée à la dignité de chef-lieu de canton par la Révolution, à aujourd'hui, grande station balnéaire et moderne du littoral atlantique.

Une municipalité itinérante

Créée en 1790, la Municipalité de Royan comprenait un maire, cinq officiers municipaux, un procureur, douze notables et un secrétaire-greffier. Outre les querelles de personnes qui avaient du mal à accepter la Révolution, cette municipalité était confrontée à de nombreux problèmes. Parmi ceux-ci, la propreté et l'assainissement de la ville étaient les plus difficiles.

Dans les premiers temps, après la création de la commune, on ne sait pas exactement où la mairie était installée. Les officiers municipaux délibéraient tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre. Valéry Dupon (anagramme de Paul Dyvorne) fait état, dans son livre « Au fil des années à Royan », d'une chambre basse louée 100 F par an à un Monsieur Guimberteau, notaire de son état. Entre 1800 et 1808, le Maire de l'époque, Daniel Renaud, installa la mairie chez une demoiselle Vialet dont l'adresse demeure, à ce jour, inconnue. A partir de 1815, et jusqu'en 1826, le Conseil municipal se réunissait au château de Mons, propriété de Monsieur de Labarthe, Maire de la commune.

Le projet de construction d'un Hôtel de ville apparaît dans une délibération de 1828. A cet effet, la commune achète, le 26 août 1829, un jardin aux dames Renaud. Mais l'idée fut ensuite abandonnée. Ainsi, en 1837, la question du logement des services municipaux n'était toujours par résolue.

Le couvent des Récollets siège de la municipalité

Cette année-là, le 5 mai, la ville acquiert une maison à un Monsieur Guestier qui l'avait lui même achetée au dénommé Boisseau. Il s'agissait de l'ancien Couvent des Récollets qui avait subi de nombreuses transformations au gré de ses propriétaires successifs.

A l'origine, il avait été construit, sous Louis XIII, dans le cadre de la politique de conversion des protestants menée alors par la monarchie. Royan disposait désormais d'une mairie, située au niveau de l'actuelle Place de Gaulle, entre le boulevard Briand et la rue Font de Cherves.

Le casino de Foncillon accueille l'hôtel de ville

Hôtel de ville en 1927

Sous le mandat de Frédéric Garnier, qui devint maire en 1871, la ville connut un fantastique développement. Le déplacement de l'hôtel de ville s'avéra alors nécessaire. Le 8 décembre 1927, la Ville achète à Monsieur Volterra l'ensemble des bâtiments, constructions, parcs et jardins du casino de Foncillon, située à l'époque façade de Foncillon. Le tout occupait une surface de plus d'un hectare (1 ha, 67 a et 25 ca).

La mairie se retrouvait ainsi installée dans les locaux du tout premier casino de Royan, qui occupaient l'emplacement jusqu'à la Place Schuman. Elle était desservie par la rue du casino, rebaptisée pour la circonstance rue de l'Hôtel-de-Ville et qui s'appelle aujourd'hui rue Paul Métadier. L' ensemble fut rasé lors du bombardement de Royan, le 5 janvier 1945.

A titre provisoire, dans l'attente d'une éventuelle reconstruction, les services municipaux sont alors hébergés à la villa « Les Pins » qui existe toujours, au numéro 13 de l'avenue Jean Lacaze. Mais cette situation ne pouvait durer.

Les pérégrinations d'après-guerre

Lors de l'élaboration du Plan d'Urbanisme, par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU), on avait envisagé d'édifier une nouvelle mairie à l'emplacement de l'actuelle Place-de-Gaulle. Non loin, par conséquent, de son implantation de 1837. Il n'en fut finalement rien, mais un hôtel témoigne par son nom de la réalité et de l'avancement de ce projet. Le conseil municipal de l'époque préféra cependant s'installer à la villa « Les Palmiers ».

Hôtel de ville

La Ville avait en effet acheté quelques années auparavant, le 26 septembre 1939, à Monsieur Sarlin, une propriété située avenue de Pontaillac, mais dans un tout autre but. Le notaire la décrivait comme « une grande et belle villa à double façade au centre de la propriété, avec aménagement moderne, ayant sous-sol, rez-dechaussée, entresol, premier et deuxième étages ».

Lors de son acquisition, la Ville la destinait à devenir un pensionnat de jeunes filles. Plus tard, après avoir acquis des parcelles complémentaires le 12 mars 1941, on envisagea d'en faire un établissement d'enseignement secondaire.

Cette villa comprenait en effet plusieurs dépendances, aujourd'hui disparues, sur la rue du Phare du Chay, ainsi qu'un logement de concierge qui existe toujours. Le bombardement n'épargna malheureusement pas la propriété qui subit alors de nombreuses destructions. Les murs étaient cependant restés debout et paraissaient solides.

L'hôtel de ville s'installe avenue de Pontaillac

Hôtel de ville après guerre

Sa reconstruction, à l'aide de dommages de guerre, date de 1955. A l'avènement du béton roi, la villa ne put échapper à ce matériau qui servit à renforcer les ossatures, à l'intérieur des murs. Elles sont désormais toutes en béton ainsi que les fermes de la charpente.

On remarquera aisément, par ailleurs, qu'un étage a été ajouté. L'enveloppe de ce qui est aujourd'hui devenu la Mairie n'a pas changé depuis 1955. Certes, des aménagements intérieurs ont été réalisés, au fil des ans, pour suivre l'évolution des services municipaux - certains ont quand même été amenés à déménager dans les bâtiments annexes - et intégrer les nouveaux outils de travail.

Les bâtiments annexes

A partir de 1955, de nouveaux bâtiments voient le jour. Ainsi, en 1962, la Ville construit les locaux destinés à héberger les CRS puis la bibliothèque, au 1er étage. Ils accueillent aujourd'hui l'état civil, la police municipale et le musée. Un nouvel édifice, toujours destiné à loger les CRS, est alors bâti en 1964. Il héberge actuellement le Tribunal d'Instance.

 

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Liste des maires

Cet article a été réalisé en consultant les ouvrages suivants:

  • Histoire de Royan et de la presqu'île d'Arvert, Guy Binot
  • Au fil des années Royan, Valery Dupon (Paul Dyvorne)
  • La saga des bains de mer, Guy Binot,
  • La station touristique royannaise de la fin du VIIIe au début du XXe siècle, Denis Butaye
  • Royan, Yves Delmas

et grâce aux recherches de Marie-Claude Bouchet et de Monique Chartier.