Michel Descamps

Sa vie

Nous laissons à Paris-Match, journal pour lequel il a travaillé et à Sud-Ouest, le quotidien de la région dans laquelle il est installé, le soin de vous présenter Michel Descamp, reporter-photographe.

 
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Lettre aux lecteurs de Paris-Match :

"Chers lecteurs de «Paris-Match». Vous serez heureux de l'apprendre : Michel Descamps, reporter photographe à Paris-Match, vient de recevoir une des plus hautes récompenses de notre profession : la médaille de l'Art Directors Club des Etats-Unis. C'est une de ses photographies réalisées en Hongrie pendant les journées tragiques d'octobre 1956 qui lui a valu cette distinction. Tout Paris-Match s'en réjouit.
Michel Descamps fait partie de notre équipe depuis 1950. Grand garçon blond, athlétique, souriant, il venait du service photographique de l'armée et avait suivi le terrible entraînement du Centre des Photographes de l'Armée américaine de New York. Depuis, il n'a jamais cessé de faire le tour du monde, au hasard des guerres, des émeutes, des révolutions. Il a vu à travers le viseur de ses appareils la révolution de Mossadegh en Iran et le retour triomphant du Shah, la bataille du Delta, en Indochine, l'insurrection ouvrière de Berlin-Est, la révolution de 1954 au Guatemala. Nasser l'a expulsé du Caire quelques jours avant l'expédition de Suez. Il était dans les Aurès avec Jean Roy le 1er novembre 1954, premier jour de la révolte algérienne. Il est aujourd'hui attaché à notre bureau de Londres.
De ses reportages, Michel Descamps a gardé des milliers d'images et une grande amitié, celle de Peter Townsend. À l'époque où le Group-Captain passait son temps à déjouer les ruses des envoyés spéciaux des journaux du monde entier, Michel Descamps et Philippe de Bausset furent chargés par Paris-Match d'effectuer un reportage sur lui. Ils le suivirent plusieurs semaines (alors que se dénouait son roman avec la princesse Margaret) dans tous ses déplacements, en France, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Norvège. Mais ils exécutèrent leur mission avec une si grande gentillesse que Townsend leur accorda sa sympathie, son amitié et finalement sa collaboration à Paris-Match pour le récit de sa grande aventure de chevalier criant à travers le monde." Paris-Match.

 
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"La Saintonge merveilleuse." de Michel Lis dans Sud-Ouest Dimanche du 9-8-1987 à l'occasion d'une exposition à Port Maubert.
Reporter-photographe de grand talent, Michel Descamps nous fait découvrir la région qu'il a fait sienne.

Miroir subjectif ou représentation fidèle, la photographie oscille constamment entre ces deux pôles pour être au quotidien, la laque précieuse de la réalité. Les photos de Michel Descamps, exposées cet été sur les murs de la Yole à Maubert, le port de Saint-Fort sur Gironde, tiennent un peu de tout cela. Au travers de son objectif c'est à une découverte des hommes, des paysages et des choses de l'estuaire qu'il nous invite. Henri Beraud avait une jolie formule pour qualifier les journalistes : des flâneurs salariés. Michel Descamps fut l'un de ceux-là, un des plus grands de la profession de grand reporter-photographe. A 18 ans, il est déjà correspondant de guerre avec l'armée américaine, on le retrouve dans le delta indochinois au moment de Dien Bien Phu, le 1er novembre 1954 il est à Alger... Le Guatemala, Budapest en 1956 (ce qui lui vaut pour une de ses photos le prix de l'Art Director de New York). Il est dans l'avion qui ramène le Chah d'exil après la chute de Mossadegh, à Rome chez le pape, à Persépolis...

"Mon ami Michel, avec qui j'ai eu l'honneur de bourlinguer durant une bonne dizaine d'années, a été de tous les accès de fièvre de notre temps. Ce sont peut être tous ces bruits et cette fureur qui, aujourd'hui, lui font un regard si paisible sur cette Saintonge où il est venu mettre son sac à terre, comme disent nos marins. Roubaisien grand teint, Descamps m'a souvent soutenu que, pour lui, le Grand Sud commençait à ... Valenciennes ! Difficile donc de le convaincre qu'il existait chez nous un pays de lumière entre le ciel, la terre et la mer... En haute Saintonge, Michel Descamps n'est pas un déraciné mais comme Jean-Marc Soyer, l'écrivain de Boutenac, un «enraciné» de coeur et d'esprit.
Il faut aller voir à la Yole du port Maubert l'univers photographique qu'a su recréer Michel Descamps au fil des saisons de l'estuaire : les haveneaux en dentelle de neige, le frémissement du vent dans les longs roseaux, ces visages tannés comme une carte des grands fonds, l'immobilité quasi-minérale des proues épaisses et fines à la fois de nos yoles de l'estuaire...
Il y a dans ces photos autant de lumière que de parfums, de rumeurs et de cris des courlis mélancoliques égarés sur le marais... On dit chez nous que nul n'est tout à fait Saintongeais s'il n'a vu une fois dans sa vie le rayon vert, un phénomène physique qui se produit parfois lorsque le soleil se couche derrière Cordouan dans un océan où flotte toute la chaleur d'un ciel d'été. Quand on regarde ces photos toutes nimbées de ce fameux mauve de Saintonge que chantait Chardonne, il est sûr que Michel Descamps a vu le fameux rayon !
Le reporter-photographe qui fut l'un des fleurons de «Paris-Match» à la grande époque a trouvé à Port-Maubert son «bout du monde» en terre charentaise."

 
Motomatch

De «Paris-Match» à l’estuaire, Colette Macintos, Sud-Ouest Dimanche.
Michel Descamps, photographe à «Match» et «Télé 7 jours», expose ses clichés au cloître des Carmes.

Pour prendre rendez-vous, il faut faire attention aux horaires des marées, à leur coefficient et trouver un créneau où le photographe, ne soit pas quelque part du côté de l’estuaire. Mais, confortablement installé dans son jardin de Saint-Fort sur Gironde, quand il parle de ses débuts à «Paris-Match», Michel Descamps est intarissable. Six mois après la reparution de l’hebdo en 1949, il faisait partie de la bande de joyeux «Rouletabille» qu’étaient les reporter-photographes d’un magazine qui privilégiait l’image au texte et pour lequel ceux qui étaient en partance à tout moment aux quatre coins du monde, l’appareil en bandoulière, étaient les enfants chéris.
Rue Pierre-Charron, le «patron», Jean Prouvost, ne jurait que par eux, les payait royalement, ne lésinait pas sur les notes de frais. A cette époque, couvrir un événement était simple. «Un jour, je prenais un verre avec un reporter, on s’ennuyait, on cherchait une idée ; il y avait une menace de révolution au Guatemala… On avait le visa dans l’heure qui suivait, et on partait», se souvient Michel Descamps. Avec les uniformes blazers, pantalon de flanelle, trench-coat, ils étaient immédiatement reconnus, parlaient tous un argot compris d’eux seuls… Le photographe devait rester à «Paris-match» jusqu’en 1961 avant de rejoindre à la demande de Jean Prouvost, «pour garder l’esprit maison», «Télé 7 jours» pratiquement à sa création.

 

«Ça s’est passé après de longues discussions, mais deux de mes copains avaient été tués, l’un en Hongrie, l’autre à Suez…», Michel Descamps intègre donc le magazine qu’il ne quittera qu’en 1983 pour rejoindre l’estuaire de la Gironde, mettant fin à une carrière dans la presse «basée sur la chance, comme toute ma vie», depuis le jour, où fasciné, il rêvait de devenir assistant cameraman pour les «Actualités». A cette époque, il ne devait exister que 2000 postes de télévisions en France.
De ces années de reportage, il a fait tirer quelques clichés («Paris-Match» restant propriétaire des négatifs) et réalisé, avec l’active complicité de son voisin, le graphiste Martin Salisbury, une exposition visible à partir d’aujourd’hui au cloître des Carmes. De Django Reinhardt à Jacques Brel et ses enfants, de la première visite de la reine Elisabeth II en France à un instantané d’Hervé Bazin montrant le président du Goncourt en excellent bricoleur, d’un curé tranquille sur une barque au Togo à la photo de réfugiés hongrois en Autriche…, l’histoire se déroule en photographies.
Michel Descamps n’a pas pour autant posé son appareil photo. Quittant le noir et blanc, il propose aussi au regard du visiteur ses photographies actuelles, sa vision en couleur de ce coin de Charente-Maritime dont, avec sa femme Yveline, il est tombé amoureux voici quelque vingt ans. L’exposition s’appelle «De l’estuaire et d’ailleurs…»

 
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Michel Descamps et Steve Mac Queen

 

Son oeuvre

Le grand reporter international

Le retraité saintongeais

Pour en savoir plus : biographie de Michel Descamps

 

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