Des vitraux
pour sublimer l'architecture

« La bataille du vitrail »*

Verrières de la nef - G. Gillet et H. Martin-GranelAucun crédit des dommages de guerre n'est prévu pour les vitraux de l'église. Cette contrainte, ainsi que la volonté de Gillet de mettre en valeur son architecture au moyen d'un décor sobre et subtil, donne naissance au programme de vitraux visibles aujourd'hui. L'idée initiale de Gillet est de répartir le dessin des vitraux entre plusieurs peintres pendant l'étape de conception des plans. Mais il se rend vite compte que « tant que les volumes ne seraient pas construits et l'espace intérieur défini en vraie grandeur, il était illusoire d'imaginer la coloration, l'échelle juste à donner aux motifs, et puis, cette espèce de compétition, cette sorte d'exposition de tableaux de maîtres différents eut été contraire à l'unité de l'ensemble » (Guillaume Gillet).

Après plusieurs années, nécessaires pour obtenir les financements, et durant lesquelles plusieurs artistes tentent de s'imposer, Gillet choisit le maître-verrier Henri Martin-Granel. Celui-ci a déjà travaillé avec lui sur le chantier de la cathédrale de Bizerte (Tunisie). À Royan, son rôle est surtout de réaliser ce que Gillet dessine. Celui-ci souhaite en effet des verrières non figuratives, discrètes et douces, se mariant avec l'architecture.

* Citation de Gilles Ragot

Le vitrail du chœur par Claude Idoux

Vitrail du chœur - Cl. IdouxHenri Martin-Granel est le principal maître-verrier de Notre-Dame. C'est cependant un autre artiste, Claude Idoux, qui réalise la grande verrière du choeur. En effet, ce vitrail bénéficie d'un financement par souscription, lancé par le journal Sud-Ouest, et Claude Idoux est choisi par les autorités religieuses et municipales pour le concevoir, sans intervention de Gillet. Il est posé dès 1958. Claude Idoux n'est pas novice en la matière ; il a déjà réalisé des verrières dans l'église de Saint-Rémy à Baccarat, en utilisant les dalles de cristal coloré mises au point par la cristallerie réputée de cette ville. Ce même matériau est employé à Royan, pour représenter une Vierge en Assomption. La verrière s'inscrit parfaitement dans le grand « V Lafaille » du chœur.

Dans des tons rouges, bleus et dorés qui illuminent la nef, le motif s'inspire de la « Vierge de la médaille miraculeuse » de la Rue du Bac à Paris, célèbre image populaire de l'apparition de la Vierge, en 1830, à une Sœur des Filles de la Charité. Elle est représentée lors de l'Assomption, auréolée de douze étoiles, le manteau prolongé de rayons solaires, sur un globe où s'agite un serpent. Selon la vision de cette Sœur, la boule représente à la fois le monde entier, la France et chacun de nous en particulier. Le démon cherche à y étendre son emprise et Marie entrave sa marche en le foulant aux pieds. Le reste de l'iconographie procède, plus traditionnellement, du texte de l'Apocalypse : « Un signe grandiose apparu dans le Ciel. Une Femme ayant le Soleil pour manteau et la lune sous ses pieds et, sur la tête, une couronne de douze étoiles » (Ap. 12,1).

 

LE PROGRAMME RÉALISÉ
PAR HENRI MARTIN-GRANEL

Le programme complet de Notre-Dame comporte le grand vitrail du chœur, mais aussi 500 m2 de verrières dans la partie supérieure de l'église et un Chemin de Croix en partie basse. Ces deux grandes parties ont été traitées à partir de 1965, par Henri Martin-Granel, de manières différentes, mais toujours dans le respect des dessins de Gillet. Il a en effet rompu avec son propre style très figuratif et monumental, pour réaliser un programme sobre.

Les verrières hautes sont non figuratives. Leur rôle est de magnifier l'architecture et tout particulièrement les grands « V Lafaille », en créant un rai de lumière entre eux. Différents vitraux sont aussi judicieusement disposés le long des arêtes pour les souligner. Cet ensemble n'est pas sans évoquer les grandes verrières verticales gothiques du XIIIe siècle. Chaque verrière est constituée de panneaux rectangulaires, assemblés les uns au-dessus des autres. Ils sont composés de pavés de verre monochrome, de plus en plus clairs au fur et à mesure que l'on avance vers le chœur. Ils sont en effet plus foncés au dessus de l'orgue afin de le protéger du rayonnement solaire. Les couleurs choisies sont douces et les motifs géométriques, soulignés par l'insertion perpendiculaire de plaques de verre blanc, semblent issus du tissage.

Les galeries basses sont éclairées de petits vitraux en losange qui reprennent le thème du Chemin de Croix. Ce programme est validé en 1964 par la Commission Diocésaine d'Art Sacré, bien qu'il ne corresponde pas exactement aux quatorze stations du Chemin de Croix fixées au XVIe siècle. Il est ici composé de 18 panneaux, dont 13 figurés se rapportent plus ou moins aux scènes traditionnelles, un représentant une Croix, symbole de la Résurrection, et quatre compositions abstraites. Le Christ y est symbolisé en rouge. Ce choix, libéré des contraintes liturgiques classiques correspond bien au débat sur le renouveau de l'art sacré qui règne lors de la tenue du Concile Vatican II (1962).

LES VITRAUX RÉCENTS

Le Baptême du Christ - chapelle nord - H. Martin-GranelPar manque de financement, le programme de vitraux n'a pu être terminé du vivant de Gillet et certaines ouvertures ont été protégées par des panneaux en plastique.
En 1995, la commune de Royan et la Direction Régionale des Affaires Culturelles confient à Henri Martin-Granel et son fils la mission de vitrer les chapelles nord et sud près du chœur. Ils choisissent de rompre avec l'abstraction voulue initialement par Gillet pour intégrer des scènes de la vie de Jésus dans l'esprit d'une bande-dessinée. Ainsi, au sud, sont figurées la Visitation, la Naissance de Jésus et la Fuite en Égypte, et au nord, les Noces de Cana, la Pêche miraculeuse et le Baptême du Christ. Le style de Martin-Granel est très figuratif, imitant une mosaïque sur laquelle apparaissent les noms des personnages et les titres des scènes, en toutes lettres.

 

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