Dans l'ombre de l'histoire du cinéma

Le parcours de Couzinet, s'il doit à un certain opportunisme et un sens très développé des affaires, est aussi à rapprocher des débuts de l'histoire du cinéma, qui, de divertissement de fête foraine à la fin du XIXe siècle, est devenu un art et une activité économique omniprésents dans le monde.

 

1895-1914 : prémices

Charlie ChaplinLe cinéma européen :

1895 :  Les frères Lumière inventent le cinématographe et présentent avec succès des courts-métrages au Grand Café du boulevard des Capucines à Paris, tels que « La sortie des usines Lumière », « L'arroseur arrosé » ou « Entrée en gare du train de la Ciotat ». 

1902 : Georges Méliès crée le premier studio de cinéma chez lui, dans lequel il tourne le premier film de fiction, « Voyage dans la lune » et invente les premiers effets spéciaux. La même année, Charles Pathé inaugure des studios à Vincennes, dans lesquels il réalise et produit des courts-métrages projetés dans les fêtes foraines. 

Le cinéma américain :

Fin XIXe : En 1897 Edison invente le kinétoscope. Quelques hommes d'affaires aventuriers − William Fox, Adolphe Zukor, les frères Warner − se lancent dans la production de films et développent un réseau de salles de projection. 

Émile Couzinet :

1896 : Naissance d'Émile Couzinet à Bourg-sur-Gironde.

1914-1929 : apogée du cinéma muet

Le cinéma européen :

1914 : La production de films européens est quasiment interrompue par la 1ère Guerre Mondiale. 

Années 1920 : Murnau lance le courant expressionniste allemand avec « Nosferatu le vampire » (1922), tandis qu'en France, par opposition, Louis Delluc, Jean Epstein, Germaine Dulac, Marcel L'Herbier ou encore René Clair, sont considérés comme les maîtres du courant impressionniste, qui accorde de l'importance au travail de l'image et au rythme du montage. 

Le cinéma américain :

Première Guerre Mondiale : La production américaine profite de la baisse de l'activité européenne. Un quartier dédié au cinéma grandit à Los Angeles : Hollywood. Les maisons de production développent le « star system » autour de leurs acteurs, pour fidéliser le public d'un film à l'autre. Elles financent le cinéma comme une industrie. De nombreux réalisateurs et acteurs européens de talent s'installent à Hollywood : Lubitsch, Murnau, Greta Garbo... C'est aussi l'époque du burlesque muet, avec des stars comme Charlie Chaplin, Buster Keaton, Harold Lloyd ou Harry Langdon.

1927 : Sortie à Hollywood du véritable premier film parlant par la Warner, « Le chanteur de Jazz ». Les acteurs du muet, dont le jeu, et parfois la voix, ne sont plus adaptés, disparaissent des écrans pour la plupart.

Émile Couzinet :

Début des années 1920 : Couzinet crée sa société de distribution Burgus Films.

 

1929-1945 : émergence des films parlants

Le Quai des BrumesLe cinéma européen :

Années 1930 : Le cinéma connaît une situation de paradoxe : les sociétés de production subissent la crise économique, pourtant, de grands cinéastes créent des œuvres de référence : Marcel Pagnol, Julien Duvivier, Jean Grémillon (« Gueule d'amour » - 1937), Marcel Carné (« Quai des Brumes » - 1938), Sacha Guitry (« Le roman d'un tricheur » - 1936), Jean Renoir (« La grande illusion » - 1937), avec des dialoguistes comme Jacques Prévert, Henri Jeanson, Jean Aurenche. 

1933 : Fritz Lang, réalisateur de « Métropolis » (1925) et « M le maudit » (1931), fuit l'Allemagne et la montée du nazisme, et s'installe aux états-Unis.

Seconde Guerre Mondiale : La plupart des cinéastes continuent leurs films pendant l'Occupation, tentant de lutter d'une manière ou d'une autre. Certains quittent la France vers des pays alliés ou neutres. à Paris, se crée la société de production Continental Films, grâce à des capitaux allemands et à l'influence de Goebbels. Sous des airs de frivolité et d'innocence, des films comme « Les visiteurs du soir » (1942) entretiennent l'espoir du public français. 

1945 : Marcel Carné et Jacques Prévert réalisent leur dernier film ensemble, « Les Enfants du Paradis ».

Le cinéma américain :

1929 : La crise économique remplit paradoxalement les salles d'un public venu oublier ses difficultés. Hollywood devient alors dans les années 1930 une « usine à rêves », produisant des films musicaux avec Fred Aster et Ginger Rogers, des comédies loufoques comme « L'impossible Monsieur Bébé » (1938) de Howard Hawks ou encore des films d'épouvante comme « King-Kong » (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack.

Seconde Guerre Mondiale : Les studios hollywoodiens sont à leur apogée, produisant plusieurs centaines de films par an. Certains réalisateurs tel Charlie Chaplin participent à l'effort de guerre avec des films comme « Le dictateur » (1940). En 1941, Orson Welles sort son premier film, « Citizen Kane », qui, s'il fut un échec à sa sortie, est aujourd'hui considéré comme un tournant esthétique décisif. Le film noir apparaît, avec pour acteur phare Humphrey Bogart. 

Émile Couzinet :

1930 : Couzinet arrive à Royan. 

1937 : Il fait construire les « Studios Côte de Beauté ». 

1938-1944 : Il y tourne 4 films : « Le club des fadas » (1938), « L'intrigante ou la belle bordelaise » (1939), « Andorra ou les hommes d'airain » (1942), « Le brigand gentilhomme » (1943). 

 

1945-1960 : arrivée de la couleur

Le cinéma européen :

1946 : Premier Festival de Cannes, après une tentative avortée en 1939. 

Années 1940 : émergence du nouveau réalisme italien, qui approche la mise en scène avec une grande liberté. 

1946 : Création du Centre National de la Cinématographie pour protéger et promouvoir le cinéma français. En 1948, l'état promulgue une loi d'aide à la production, pour relancer le cinéma après la guerre. 

Années 50 : Les précurseurs du cinéma d'auteur apparaissent en France : Max Ophuls, Robert Bresson (« Un condamné à mort s'est échappé » - 1956), Agnès Varda (« Pointe courte » - 1955), Alexandre Astruc (« Les mauvaises rencontres » - 1955), Claude Chabrol (« Le beau Serge » - 1959). 

1951 : L'esprit léger des années 50 est illustré par « Caroline chérie » (1951) de Richard Pottier, avec Martine Caroll. 

1953 : Jacques Tati crée son personnage burlesque avec « Les Vacances de Monsieur Hulot ».

1956 : Roger Vadim bouscule la morale en déculpabilisant l'érotisme, incarné par Brigitte Bardot dans « Et Dieu créa la femme ». 

Le cinéma américain :

Fin des années 1940 : Deux menaces planent sur le cinéma américain. Tout d'abord, dans ce contexte de guerre froide, la Commission des activités anti-américaines et la chasse aux sorcières poussent certains réalisateurs à choisir entre « trahison » et exil, option retenue par Charlie Chaplin. Ensuite, le téléviseur, même s'il est peu performant au départ, devient un concurrent potentiel, que les Majors contrent avec des films à grand spectacle.

Années 1950 : James Dean meurt en 1955, tandis que Marilyn Monroe devient un mythe. 

Émile Couzinet :

1945 : Les studios de Royan sont détruits lors des bombardements de la ville en janvier 1945. Couzinet décide de les reconstruire en 1946 à Bordeaux, sous le nom « Studios Côte d'argent ». Il tourne un film de témoignage du bombardement : « Royan, cité martyre ». 

1946-1962 : Dans les « Studios Côte d'Argent » à Bordeaux, Couzinet écrit, réalise, monte et produit dix-huit longs métrages.

 

1960-1974 : âge d'or du cinéma d'auteur

Le cinéma européen :

Années 60 : Les cinéastes italiens rompent avec le néoréalisme au profit de la comédie, des films poétiques et du western spaghetti créé par Sergio Leone. Cette rupture est consommée par Federico Fellini et sa « Dolce Vita », palme d'or au Festival de Cannes en 1960. 

1959-1960 : La Nouvelle Vague impulse un renouveau en France, avec François Truffaut (« Les 400 coups » - 1959), Alain Resnais (« Hiroshima mon amour » - 1959), Jean-Luc Godard (« à bout de souffle » - 1960), Jacques Rivette (« Paris nous appartient » - 1960). Ils prennent de grandes libertés dans la mise en scène et le tournage, et portent un regard neuf sur la réalité sociale. 

Le cinéma américain :

Années 1960 : Les studios hollywoodiens vivent une crise importante, avec la création de sociétés de production indépendantes par des cinéastes qui estiment que les Majors ne respectent pas leurs droits d'auteurs. Hollywood perd de la puissance, au profit de New-York. C'est ainsi que de grands noms naissent : John Cassavetes, Martin Scorsese ou Robert Altman. 

Émile Couzinet :

1962 : Couzinet réalise son dernier film, « Césarin joue les étroits mousquetaires », qui, décalé par rapport au renouveau du cinéma à cette période, est un échec commercial.

1964 : Mort d'Émile Couzinet à Bordeaux. 

Depuis 1974 : triomphe des superproductions

Le cinéma européen :

Années 80 : Certains réalisateurs se tournent vers les studios américains, comme Luc Besson avec « Le Grand Bleu » (1988). En Espagne, la « Movida » et son réalisateur phare Pedro Almodovar apparaissent après la chute de Franco en 1975, permettant de traiter de sujets jusque-là interdits. 

Le cinéma américain :

Années 1970 : Les Majors hollywoodiennes restructurent leur système de production et proposent des superproductions à très gros budgets et effets spéciaux spectaculaires, visibles dans « La guerre des étoiles » (1977) de Georges Lucas ou « Les dents de la mer » (1975) de Steven Spielberg.

Depuis les 1980 : Hollywood a retrouvé sa suprématie, et produit de grands succès comme « E.T » de Steven Spielberg. De grosses productions, comme « Titanic » (1998) de James Cameron s'imposent au monde entier. Cependant, quelques cinéastes restent indépendants, et l'on voit apparaître des gens comme Quentin Tarentino, avec « Pulp Fiction » (1994) ou « Kill Bill » (2003-2004).

 

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