Cinéma d'antan

De l'arrivée du Cinématographe Lumière à Royan en 1896 aux premières projections itinérantes, de l'installation des salles de cinéma à la création des Studios de la Côte de Beauté par Emile Couzinet en 1937, nous vous invitons à une rétrospective. Une histoire du 7e art à Royan, avec les photos des anciens lieux de projection, un hommage aux fondus de ciné qui rêvaient d'un Cineccitta royannais, un arrêt sur la charmante image de Danielle Darrieux qui passa plusieurs fois ses vacances à Saint-Palais et une évocation de Jean Delannoy dont le film Fièvre a été tourné dans la région pour les extérieurs.

 

Le Cinématographe, à peine né, arriva sur la Côte de Beauté...

  • 12 février 1895 : Les Frères Auguste et Louis Lumière déposent le brevet du Cinématographe (n° 245032) "appareil servant à l'obtention et à la vision des épreuves cinématographiques".
  • 22 mars 1895 : Première présentation publique, à Paris, du Cinématographe Lumière à la Société d'encouragement à l'industrie nationale. Au programme, un film destiné à devenir mythique : Sortie d'Usine plus connu sous le titre La Sortie des Usines Lumière.
  • 17 avril 1895 : Présentation du Cinématographe Lumière à la Sorbonne.
  • Juin 1895 : Projection de huit films Lumière au Congrès des Sociétés Françaises de Photographie qui se tient à Lyon.
  • 28 décembre 1896 : Naissance officielle du Cinématographe Lumière avec la première séance publique et payante au salon indien du Grand Café, Boulevard des Capucines à Paris.
  • Georges Méliès assiste à la projection qui est organisée par Antoine Lumière, père des inventeurs, et assurée par Clément Maurice.
  • Le prix de l'entrée est de 20 sous pour 10 minutes de séance.
  • 18 février 1895 : Première présentation du procédé Lumière à Bordeaux.
  • Dès le 14 Juin 1896 : La Gazette des Bains de Mers de Royan annonce la prochaine installation du cinématographe Lumière au Casino municipal qui a été inaugurée l'année précédente et qui est le plus grand de France.
  • 20 août 1896 : Première séance au Casino Municipal de Royan.

"les photographies animées du véritable cinématographe Lumière, qu'il ne faut pas confondre avec les imitations défectueuses qu'on rencontre un peu partout, sont celles qui font courir tout Paris, à l'Olympia et au Grand Café. Aux scènes irrésistibles de la Sortie des Ateliers, de l'Arrivée du Train, de la Charge de Cavalerie, du Mur qui s'écroule, il vient d'être ajouté une série on ne peut plus curieuse des scènes du Couronnement du Tzar".
Cela sera la grande attraction estivale de l'été 96. Si bien que durant les deux jours de kermesse qui suivirent, les projections eurent lieu tout l'après-midi mais aussi en soirée de huit heures à minuit. A la même époque, sur le champ de foire de Royan, se produisirent des attractions semblables.

La Gazette des Bains de Mer de Royan fait mention du "kinétographe", projection de "photographies animées en couleurs" peut-être s'agit-il d'un appareil construit en Angleterre et utilisé dès le printemps 1896 pour l'exploitation des films Méliès, films entièrement colorés à la main.

 

Le cinéma forain en Charente-Maritime au début du siècle

Cinema d'antan

Paris voit l'ouverture, en Octobre 1896 d'un Cinématographe Lumière Boulevard Saint-Denis.
Mais pendant 10 ans cet exemple sera peu suivi. Le cinéma préférera s'orienter vers une exploitation itinérante et foraine, assurée par quelques grandes figures du métier, parmi lesquelles Grenier, Chabot, Abraham Dulaar, Bracco, Pinder, Camby, Iunk, Kobelkoff...
Le cinéma serait peut-être resté, effectivement, “une invention sans avenir” si les forains ne l'avaient imposé aux foules. Ce qui n'est pas toujours entièrement reconnu, l'évocation se résumant le plus souvent à une phrase du genre : “Le cinéma fut d'abord un art forain, puis”...
Or, cette période “héroïque” ne fut pas aussi brève qu'on le laisse entendre habituellement. Elle eut ses grandeurs, ses servitudes, ses misères, ses drames humains. II fallait vaincre l'indifférence - quand ce n'était pas l'hostilité - d'une large fraction de populations à l'égard de la nouveauté.

Dès l'automne 1896, le sieur Henri Chabot, industriel forain, après avoir sans doute admiré le cinématographe Lumière au Casino Municipal de Royan, écrit de Royan au Maire de Nantes pour lui demander un emplacement afin d'y installer son “métier” forain et y présenter le cinématographe. Il sera l'un des premiers pionniers du cinéma forain itinérant.

En 1898, aux fêtes de la Saint-Eutrope à Saintes, les journaux de l'époque citent au premier rang des attractions de la Place Blair, les rayons X et le Cinématographe Lyonnais.
"Deux spectacles véritablement scientifiques et méritant qu'on s'y arrête... Le Cinématographe Lyonnais offre toute une remarquable série, très variée, de tableaux véritablement animés, mouvementés, de scènes prises sur le vif et donnant l'illusion du réel. Ces vues sont très nettes. L'appareil fonctionne à la satisfaction de tous. Voilà encore un établissement instructif et amusant à visite" (extrait de L'Indépendant du 28 avril 1898).
La séance coûte de 5 à 10 sous.

En 1899, c'est le Théâtre-Salon des Visions d'Art, “le clou de nos foires”, de l'industriel forain H. Potel comme l'écrit Le Moniteur de Saintonge du 20 avril 1899. Et le spectacle “éclairé à l'électricité” est présenté aux journalistes et personnalités en séance privée, ce qui prend des allures de grande première... Les programmes sont le plus souvent constitués de films de la production Star-Film de Georges Méliès.

Dans les premières années 1900 à Royan, l'American-bar, square Botton, possède une salle pour le Cinématographe. Puis une autre salle de patronage est ouverte (vers le marché et la rue des Sœurs). L'entrée est à 0,25 F.

En 1920, pour la saison estivale, l'installation foraine Pinder présente du cinéma. La séance dure une demi-heure et la place coûte 0,50 F.

 

Les salles de cinéma d'avant-guerre à Royan

Trianon

Dès août 1896, Le cinématographe Lumière, “le seul exploité par la maison”, fait l’attraction du Casino Municipal de Royan et sera la “curiosité” de la saison estivale.
Vers 1900, l’Américan-Bar sévissait square Botton avec un “French-Cancan” lumineusement bruyant. Puis on y donna des projections (il semblerait qu’elles étaient effectuées extérieurement sur un drap tendu...) ainsi qu’au Café des Bains côté rue Gambetta (1912-13).
Un cinéma (genre patronage) existait dans une petite voie qui faisait communiquer le marché à la rue des Sœurs. On pouvait y envoyer les enfants seuls le jeudi après-midi pour y voir les premiers films comiques de Max Linder.
Un guide de 1914 mentionne un cinéma rue des Rosiers.
Une carte postale de 1920 nous apprend par un affichage, qu’il existait “du” cinéma à la Brasserie de la Gare (projection du film Âme de juge, cœur de père).

 

Les plus connus furent

Royan cinéma : 13, avenue de la République (existait en 1914) presque en face du petit temple (église évangélique). Ce cinéma aurait cessé son activité en 1932. Le courant nécessaire à son fonctionnement était fourni par un groupe électrogène donnant dans la rue étroite du champ de foire. Plus tard ces locaux furent occupés par un forgeron d’art, M. Deschamps, puis par M. Capet électricien auto.
Cinéma Pathé : 40, boulevard Thiers, ancien hôtel d’Orléans. Il devient en 1927 l’Olympia. Il ferme en 1930, remplacé par une salle de spectacles : La Chaumière.

 

Ceux toujours en activité au début 1939

Cote d'argent

Le Trianon , installé dans les locaux de l'ancienne salle de spectacle du concert Lyjo, 14 et 16 Rampe Torchut. Il présentait trois programmes par semaine en 1926. Agrandi d'un étage, il possédait une façade "d'époque". Il fut détruit pendant le bombardement.
Le Gallia-Palace : La salle de cinéma du Casino Municipal.
Le Paris ciné : 83, boulevard Botton, agrandi d'un étage et baptisé par la suite Select-Paris Ciné.

Après le bombardement la première salle de cinéma qui fonctionna à Royan avait été installée par Émile Couzinet pour remplacer celle du casino détruite, au premier étage de "ses" studios. L'un des premiers films des frères Lumière : La Baignade en Mer était présenté à Royan. Les jolies baigneuses de la Belle Époque pouvaient comparer...

La critique du journal Le Radical s'enthousiasmait à la "vérité merveilleuse de cette mer si vraie, si vague (sic), si colorée, si remuante".

Les premières projections émerveillèrent, mais aussi furent craintes, surtout sur les foires. Les plus âgés prétendaient que cela fatiguait la vue et pouvait probablement rendre aveugles les enfants qu'on y emmenait. "O me beurleute les oeils... Quante n'ont sort de l'là n'on z'y voét pus reun !" entendait-on alentours.

 
Trianon après guerre

Ce qui reste du Trianon après le bombardement du 5 janvier 1945

 
Pavillon Foncillon

Pavillon Foncillon

 
Paris Ciné

Le Paris-Ciné

 
Pathé cinéma

Le Cinéma Pathé qui devint ensuite l'Olympia

 

Documentation et photos Jean Guyonnet

 

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