Tendance basque

Si l'apparition du style néo-basque remonte à l'extrême fin du XIXe siècle, avec la construction, en 1896, de la villa Toki-Ederra, à Biarritz, sa diffusion à Royan et plus généralement sur la Côte de Beauté ne semble pas antérieure à l'entre-deux-guerres. S'inscrivant dans une tendance plus générale visant à mettre à l'honneur, à la même époque, des formes à forte identité régionale (styles néo-flamand, néo-normand, néo-provençal...), l'architecture néo-basque apporte vers 1920 un souffle nouveau au modèle du chalet en dur qu'avaient déjà tenté de renouveler, une vingtaine d'années plus tôt, à l'échelon local, des architectes comme Auguste Rateau ou Édouard d'Espelosin (à Saint-Palais-sur-Mer), en y introduisant un vocabulaire décoratif à tendance rustique ainsi que des matériaux traditionnels comme la tuile canal. Diffusé comme il se doit par les périodiques consacrés à l'architecture, le modèle du chalet néo-basque a connu un succès qui s'explique par le fait qu'il permet une plus grande liberté distributive que ses lointains ancêtres. En effet, il n'est pas contraint, comme le chalet en dur, par l'obligatoire toiture à deux versants égaux. Non seulement les deux versants sont le plus souvent inégaux mais, mieux encore, la villa néo-basque s'autorise des décrochements en façade, donnant ainsi naissance à des avant-corps ou à des arrière-corps qui permettent une grande liberté de plan. Si l'on ajoute à cela l'adoption du colombage, induisant une gamme chromatique renouvelée qu'accompagne souvent une multitude de détails dus au talent du menuisier, on comprend aisément que Royan ait accepté de se mettre à l'heure basque, durant les Années folles !