Ceintures de bois, ceintures de fer

L'art du détail dont se prévaut l'architecture balnéaire est loin de ne toucher que les élévations des villas. Éléments visuels de premier plan annonçant l'espace privatif qui accompagne les lieux de villégiature, les clôtures sont l'objet de toutes les attentions, qu'elles soient conçues en fer, en bois, comme de simples palissades ou comme des barrières plus élaborées. À tel point que les revues d'architecture diffusent assez régulièrement des planches de modèles. Pour avoir la preuve de l'importance qui leur est accordée, il suffit de se référer au règlement du lotissement du Parc, rédigé en 1885 par l'architecte urbaniste Bonnet, lors de sa création. Il stipule que tous les terrains situés en bordure des voies seront clos par « des grilles ou par des barrières en bois d'aspect convenable, avec ou sans piles ou pilastres* isolés ». La hauteur de ces grilles ou barrières ne devait pas excéder 2,60 m, excepté pour les piles, pilastres* et éléments d'entrée. Grilles et barrières pouvaient prendre assise « sur un mur de soubassement ou d'appui en maçonnerie d'un mètre de hauteur au maximum ». Il était par ailleurs précisé que dans tous les cas, et le long de l'actuel boulevard Frédéric-Garnier, toutes les clôtures devaient être « d'un aspect convenable et décoratif ». Enchâssant souvent un portail où toutes les fantaisies sont autorisées, parfois un ou deux belvédères*, la clôture répond vite à une codification particulière. Elle devient un gage extérieur de qualité pour la demeure qu'elle accompagne. Aujourd'hui menacées par l'évolution des matériaux et la perte des savoir-faire, les clôtures anciennes méritent toute notre attention et par conséquent de rigoureuses prescriptions particulières.