Les Mioches

les Mioches
La villa Les Mioches est coiffée d'un toit de tuiles canal.
Photo de Frédéric Chasseboeuf
 

Hier occupée par une maison de retraite et aujourd'hui par un centre de formation à la devise ambitieuse, l'ancienne villa Les Mioches, construite sur la pointe de Vallières, a subi au gré de ses différents occupants quelques transformations qui ne sont pas toutes d'un meilleur effet ni celles qu'un puriste de l'architecture aurait pu souhaiter (...) Au début du XXe siècle, la villa était habitée par un négociant de Jarnac, Jean-Maurice - Antoine Laporte-Bisquit (Limoges 1843 - Saint-Georges-de-Didonne 1908) et par son épouse, née Solange Dubouché, petite-fille d'Alexandre Bisquit, fondateur de la maison de Cognac Bisquit, maire de Jarnac de 1848 à 1851 (...)
Constituée par les trois niveaux traditionnels - un soubassement réservé aux pièces de service, un rez-de-chaussée surélevé contenant les pièces de réception et un étage renfermant les chambres - la villa se développe sur un plan rectangulaire avec avant-corps central sur deux travées qui anime l'élévation principale, face à la mer. Dans la partie centrale, un dernier niveau émerge d'une toiture à deux versants et prolonge l'avant-corps central par une chambre panoramique coiffée, comme les parties annexes qui l'accompagnent sur l'arrière, par une toiture indépendante. Bâties en moellons soigneusement appareillés, les façades où la pierre de taille est bannie lorsqu'elle n'est pas indispensable sont entrecoupées de refends et de corbeaux moulurés qui forment les seuls éléments décoratifs extérieurs.

Panoramique. Présentée en 1902 dans l'un des numéros de la revue «Monographies de bâtiments modernes», la villa est alors décrite comme «une curieuse habitation située sur la pointe d'un rocher et entourée du plus splendide panorama maritime qu'il soit possible de rêver». Cette situation exceptionnelle a imposé à l'architecte Auguste Rateau «qui dut employer toutes les ressources de son art et sa grande expérience», un programme singulier puisque l'habitation est aménagée de manière à ce que ses occupants ne puissent «perdre de vue les différentes phases du spectacle qui se déroule sous leurs yeux à toute heure du jour et même de la nuit». Cette obsession du point de vue sur l'extérieur a conditionné la distribution des pièces du rez-de-chaussée qui communiquaient toutes entre elles par «de larges baies sans portes ni portières, pour que rien ne puisse masquer les aspects si variés du ciel et de la mer». Pour la même raison, les larges baies à double fermeture qui rythment les façades tournées vers l'estuaire étaient vitrées jusqu'au niveau du parquet «afin que les personnes assises ne cessent jamais d'apercevoir les rochers extraordinaires qui sont au pied de la maison», et en particulier le plus curieux, appelé le «sphinx de Vallières».
Coiffée d'un toit recouvert de tuiles canal à l'origine fixées par un treillage en fil de fer qui devait empêcher les vents violents qui soufflent sur la pointe de Vallières de pénétrer dans l'habitation et de créer quelques désordres dans la couverture, la villa affiche un style régionale assez précoce en Pays royannais. Son plan, son jeu de toitures ou sa façade principale à avant-corps central terminé par une chambre panoramique sont autant de détails qui évoquent quelques autres villes de la Côte de Beauté, en particulier Le Logis Jean Marmaille à Saint-Georges-de-Didonne ou la villa Pigeon-Vole. OEuvre d'Auguste Rateau, cette dernière qui dominait la conche du Pigeonnier à Royan, a malheureusement été rasée durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui nous prive probablement aujourd'hui de détails et d'éléments de comparaison non négligeables.

 

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