Villa Hélianthe

Pontaillac n°2

***
Architecte(s) : André Oulif.
Adresse : 75 boulevard de la Côte d'Argent Date de construction : vers 1910 Entrepreneur : Joseph ou Michel Ricoux Protections :
  • ZPPAUP

En perdant son nom d'origine Trocadéro, la villa Hélianthe a fait fi de l'une des plus belles pages de son histoire, quand elle fut élevée vers 1910 à la demande de Philibert et de Pierre Breban, père et fils, directeurs de la prestigieuse salle de spectacles et de concerts du Trocadéro de Paris. Très attaché à son lieu de villégiature, Pierre Breban chercha à donner un nouvel élan à Pontaillac, en fondant en mai 1914 une société anonyme ayant pour objet la création de l'Atlantic-Park, dans des bois situés entre les avenues Jean Lacaze et Bellamy. Complexe sportif et de loisirs, l'Atlantic-Park devait comprendre cinq courts de tennis, un cinéma Gaumont et Pathé ainsi qu'un théâtre de verdure où l'on aurait dû jouer des tragédies et des opéras interprétés par les plus grands artistes de l'époque. Mais la déclaration de guerre eut vite raison du généreux projet de la famille Breban.

Dessinée par un jeune architecte parisien, André Oulif, et exécutée par l'un des frères Ricoux, de Royan, la villa Trocadéro a eu l'honneur de voir ses plans exposés au salon des artistes français et publiés dans différents périodiques, en particulier dans un numéro de L'architecture française de 1910. D'après la notice qui accompagne les illustrations, elle renfermait un escalier « à la française », réalisé en pitchpin, une salle à manger d'inspiration hollandaise avec solives* apparentes, ainsi qu'un salon néo-Louis XVI, style en vogue dans les milieux bourgeois dans les toutes premières années du XXe siècle. La toiture, couverte en ardoises, était l'œuvre d'un couvreur bordelais nommé Genvré, auteur d'un système de fixation des ardoises portant son nom, qui avait fait ses preuves en résistant, dit-on, « aux assauts des plus fortes tempêtes ».

Affublée depuis 1988 d'inesthétiques balcons plaqués contre sa façade principale, quand la demeure a été transformée en copropriété, l'ancienne villa de la famille Breban adopte les formes d'un opulent cottage dépourvu toutefois d'excroissance extérieure dérivée du bow-window. Bien que traitées en opus incertum réalisé avec des pierres calcaires de la région, les façades de la villa étaient dotées de balcons et de terrasses à balustres d'un dessin classique, ainsi qu'en témoigne encore le perron-porche latéral. Comme il est souvent de mise dans l'architecture balnéaire, ce parti pris n'empêche en aucune manière une entorse aux traditions ancestrales, symbolisée par l'incrustation d'élégantes céramiques de style Art nouveau plaquées sur les linteaux du rez-de-chaussée et qui courent tout au long des parties hautes de la villa, un peu avant la naissance des débordements de toitures.

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