Le Château de Mons

Frédéric Chasseboeuf

Frédéric Chasseboeuf, Mars 2009


Aujourd'hui édifice urbain, il faut imaginer Mons à la sortie du village de Saint-Pierre, dominant champs et moulins et, en arrière-plan, l'admirable baie de Royan. Dès le début du XVIe siècle Mons appartient à la famille du Gua, dont le membre le plus illustre est Pierre (vers 1558-1625), seigneur de Mons et d'Ardennes, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, et fondateur, avec Samuel Champlain, de Québec.

 

C’est Pierre du Gua qui vend la terre de Mons, en 1559, à François de Videgrain, contrôleur de la maison du prince de Condé, seigneur de Belmont. Saisie en 1646 sur les héritiers de Pierre de Videgrain, elle est adjugée à Jean Morineau, avocat au parlement de Paris. Endettée, la petite-fille de ce dernier, Louise, veuve de Pierre-Charles Blanchard, gendarme de la garde du roi, doit la vendre en 1736 à Pierre Vallet de Salignac, écuyer, contrôleur ordinaire des guerres, demeurant à Marennes. C’est la belle mère de ce dernier, Marianne de Saint-Légier, qui se charge de surveiller les travaux de construction de la nouvelle demeure, établie sur des terrasses qui occupent les parterres de la première maison noble. Le chantier, commencé à la fin de 1737 et achevé au début de 1745, est confié à un entrepreneur angérien, Pierre Caumont, qui dirige une équipe de maçons et de tailleurs de pierre originaire de Châteauponsac, en Basse-Marche. Nicolas-Thérèse Vallet de Salignac, fils de Pierre, n’a qu’une fille, Alexandrine-Élisabeth-Angélique-Thérèse, qui épouse Raymond de Labarthe (1761-1827). En 1832, les cinq enfants de ces derniers vendent Mons à Désiré Bourgeot, un investisseur habitant à Paris, qui cède les terres au détail, et le château est acquis avec ses jardins en 1849 par Françoise Martin, Marguerite Perdriau et Vergina Mauny, pour y fonder une école libre.

 
citadelle

Vue de Royan avec le château de Mons selon Chastillon en 1605. (Coll. Jacques Daniel)

 
Détail-Château-de-Mons

Détail de la gravure

 
Château de Mons

Le Château de Mons

 

Bien qu'endommagée par le bombardement du 5 janvier 1945, la demeure peut être considérée comme un précieux témoignage de l'architecture saintongeaise du XVIIIe siècle. On pénètre dans la cour d'honneur après avoir franchi deux enceintes. La seconde, formée de hauts murs renards rythmés sur leurs faces internes par des pilastres entre lesquels sont dessinées de fausses baies, est coupée par une porte cochère monumentale. Les dépendances, qui avaient été rejetées sur la droite, s'organisaient autour d'une seconde cour, celle de la première maison noble qui est décrite en 1736 comme un édifice organisé à partir d'un « pavillon » contenant l'escalier principal. Le corps de logis élevé entre 1737 et 1745 forme un H en double profondeur, ce qui a permis d'aménager une façade latérale dominant la baie de Royan. Coté jardin, les larges terrasses à balustres et le jeu de toitures donnent l'illusion d'une longue demeure encadrée par deux pavillons à combles brisés. Cette demeure, d'un intérêt patrimonial incontestable et qui annonce la construction du charmant château de La Gâtaudière vers 1760, vient de subir les plus vives injures, puisqu'elle est reléguée au rang de dépendance d'un immeuble totalement disproportionné, implanté sur le flanc ouest de sa cour d'honneur, avec le cruel et incompréhensible consentement d'une autorité de tutelle dont on est en droit d'attendre beaucoup mieux.

Extrait de l'ouvrage :
Châteaux, Manoirs et Logis, la Charente-Maritime

Copie de Couverture

Un premier volume qui présentait près de 1000 châteaux, manoirs et logis de la Charente-Maritime est paru en 1993. Rapidement épuisé, cet ouvrage ne tardait pas à nous être réclamé. Mieux qu'une simple réédition, c'est une toute nouvelle édition qui voit le jour en fin d'année 2008 : textes remis à jour, nouvelles images, nouvelle mise en pages. Frédéric Chasseboeuf est diplômé en histoire et en histoire de l'art. Spécialiste de l'architecture régionale, depuis les années 1990, ses nombreuses publications générales ou scientifiques ainsi que ses conférences en font un auteur régional reconnu. Il nous livre ici un travail colossal de plusieurs années et nous fait (re)découvrir environ 1200 bâtiments. Appelé, comme l'ensemble des ouvrages de cette collection, à devenir une référence, ce magnifique coffret - qui réunit deux volumes de 400 pages chacun, superbement présentés - s'enrichit d'un glossaire, d'une bibliographie complète, d'un index par noms de familles, ainsi que d'une introduction sur le thème du château dans le département de la Charente-Maritime.

 

Petits détails

Dans le mur d'enceinte du château se trouvait, avant-guerre, une porte que jouxtait un calvaire. L'emplacement se devine encore aujourd'hui. Carte postale et photo coll. C. Gerbault-Seureau.

 
Mons-Royan-le-Calvaire-photo-1900-coll.-Gerbault-Seureau
porte-mons

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