Papeau Jean

Résistant et déporté (Saint-Georges-d'Oleron 1912 - Vaux-sur-Mer 2003). Son histoire se confond avec celle du XXe siècle. Il débute sa carrière professionnelle, en 1932, comme instituteur à La Pallice, puis au cours complémentaire de Saintes. Il adhère au parti communiste français en 1933 et assume des responsabilités au comité départemental du Front populaire, à la Ligue antifasciste et au Secours international rouge. En 1939, il est mobilisé. En juin 1940, il se retrouve à Toulouse, sous le coup d'un mandat d'arrêt pour avoir refusé de quitter le parti communiste interdit. Il regagne Saintes clandestinement. Soupçonné, il doit quitter la ville au bout de deux mois. Il part à Bordeaux où il organise les groupes de patriotes qui formeront l'ossature du Front national. En 1941, il est envoyé en Bretagne où il organise plusieurs actions de sabotage. Dénoncé, il réussit à rejoindre Paris. Aux côtés de Pierre Villon, secrétaire général clandestin du Front national, il est responsable pour la province de la zone occupée et participe à plusieurs actions. Le 12 octobre 1943, il est arrêté, les armes à la main, à Couilly, en Seine-et-Marne. Remis à la Gestapo, il est torturé, condamné à mort, puis envoyé au camp de Romainville et déporté à Buchenwald le 24 janvier 1944. Il cache sa profession d'instituteur et se dit ouvrier : il va travailler en usine. Des ouvriers allemands lui donnent quelque nourriture, ce qui lui sauvera la vie. À l'intérieur du camp, il poursuit la lutte et assume la lourde responsabilité du comité français. Le 8 mai 1945, il est libéré et rapatrié. Après six mois de repos, il devient rédacteur en chef du quotidien communiste La Voix des Charentes. Nous sommes en 1946. Il part ensuite en Algérie, comme rédacteur en chef de Liberté, organe du parti communiste. Il travaille également au quotidien Alger républicain. En 1950, très fatigué, il rentre en France, où il se repose pendant un an avant de reprendre son métier d'instituteur. En 1953, il est élu conseiller municipal de Royan. Il milite aussi au Syndicat national des instituteurs. En 1969, il est élu conseiller général de Royan et en 1982 il est désigné vice-président du conseil général, chargé des affaires scolaires et culturelles. Après trois mandats successifs, à soixante-treize ans, il se retire de la scène politique, mais il reste dans la vie associative, militant par exemple au Mouvement de la paix. Jean Papeau était un homme cultivé, chaleureux, plein d'humour. Il avait une foi inébranlable en l'Homme. Il est mort à quatre-vingt-onze ans, après une vie consacrée à construire la société de ses rêves : un monde fraternel, où chacun serait libre et verrait ses besoins satisfaits. Plutôt que la réussite individuelle, il avait choisi le bonheur partagé. Il a consacré sa vie aux autres.


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