Couzinet Emile

Né le 13 novembre 1896 à Bourg-sur-Gironde, il devient directeur du casino de Royan, puis fonde dans les années vingt la Burgus Film, société de distribution bordelaise. Propriétaire de cinq salles, il fait aussi construire, selon ses plans, une imitation du Rex parisien, temple kitsch incroyable, classé monument historique. Devant cette réussite commerciale, la Burgus devient maison de production.
Couzinet passe naturellement à l'écriture et à la réalisation et se crée ses propres studios. Le succès financier de son premier film, "Le club des fadas", distribué à Bordeaux, dans le Midi, puis à Paris, l'incite à récidiver, avec 22 longs métrages. Après avoir été vilipendés par la critique, condamnés par l'Office Catholique choquée par l'immoralité et les quelques nudités dévoilées, ses films font l'objet d'une redécouverte amusée. Un véritable culte "couzinesque" est né à la faveur de festivals bordelais.
Nobles déshérités, vieilles filles en chaleur, dames patronnesses, gendarmes, curés égrillards, belles-mères envahissantes, troufions et idiots de village s'ébattent à longueur de films, dans des intrigues d'héritages, de cocufiages et de travestissements. Les calembours et les situations lestes ne manquent pas. Honorent de leur talent moult seconds rôles comiques livrés à eux-mêmes : Jeanne Fusier-Gir, Pierre Larquey, Armand Bernard, Jean Tissier, Alice Tissot, Milly Mathis, Duvallès, Marguerite Pierry, Maximilienne, Marcel Vallée, Gabriello. Ils pataugent allégrement dans des histoires loufoques : une bonniche a des visions extra-lucides (Le don d'Adèle); le curé de Taupignac anime sa paroisse en organisant un concours matrimonial (Trois vieilles filles en folie); Gontran de Saint-Paul trompe sa fiancée, qui épouse alors un cousin Peau-Rouge débarqué d'Amérique (La famille cucuroux); la baronne de Courtebise interdit au neveu du maire d'épouser sa belle-fille (Le congrès des belles-mères).
Couzinet s'essaie aussi au mélo lénifiant, dès 1939, avec "L'intrigante". Le film suivant, "Andorra", plonge Jany Holt en plein drame pyrénéen, puisqu'elle donne naissance à un enfant naturel. Dans "Hyménée", Gaby Morlay est une infirme en mal d'amour tentant de séduire un riche industriel amoureux de sa belle-soeur. Il adapte ensuite Mérimée avec "Colomba", puis transforme "Le bout de la route" de Giono en opéra-comique avec le ténor José Luccioni, signant selon André Bazin "un des films les plus ahurissants de ces dernières années".
En 1956, Couzinet retrouve Gaby Morlay dans "Quai des illusions" dans lequel Lise Bourdin, enceinte d'un marin italien, donne naissance à un mort-né, vole un bébé, est emprisonnée puis acquittée ! L'assistant du réalisateur est un certain Sergio Leone...
Avec la même absence de complexe et de moyens, Couzinet verse aussi dans le film historique en 1942 avec "Le brigand gentilhomme", d'après Alexandre Dumas, puis en 1951 avec "Buridan héros de la Tour de Nesle". Se souciant peu de l'évolution du public, reprenant ses recettes, Couzinet termine sa carrière sur un échec, "Césarin joue les "étroits" mousquetaires", avec Pierre Repp, qui ne sortit qu'en région bordelaise.
Émile Couzinet meurt le 25 octobre 1964, laissant une oeuvre insolite reconnue par quelques surréalistes comme Ado Kyrou.
Couzinet signa du pseudonyme de Robert Eyquem la quasi-totalité des scénarios et des dialogues de ses films. Il a également réalisé une quinzaine de films publicitaires, des documentaires et co-produit divers longs métrages, dont "Les hommes veullent vivre" (Léonide Moguy, 1961) et "Le coup de grâce" (Jean Cayrol et Claude Durand, 1966).

En savoir plus : Le cinéma à Royan


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