Andrieux Jacques

Andrieux Jacques

Jacques Andrieux est né en août 1917 en Bretagne, au coeur de la première grande tourmente européenne. Son père, alors au front comme médecin, fut de ces hommes qui n'eurent qu'un bref répit entre les deux guerres pour voir grandir leurs enfants. Résistant de la première heure, il sera arrêté en 1942 et mourra en déportation.

Sportif, intrépide et aventureux, son fils se soustrait au désir paternel, échappe aux études de médecine et devient pilote. En 1940, à l'heure de la défaite et de l'humiliation, il arpente rageusement la côte bretonne en quête du bateau qui lui ouvrira le chemin de la France libre. Il finit par s'embarquer pour l'Angleterre une nuit de décembre. Il se présente au Général De Gaulle, retrouve les bancs de l'école sur lesquels il ne tenait pas en place autrefois pour des cours d'anglais intensifs et gagne, à 23 ans, sa place de pilote dans la Royal Air Force. Jusqu'en mai 1945, il est au combat sous le prénom de « Jaco » et tient scrupuleusement ses carnets de vol. Il finit la guerre en Allemagne comme commandant du groupe de chasse français « Alsace ». Son courage et son expérience, la chance aussi, lui permettent, bien qu'il ait été touché 18 fois par la Flak allemande, de toujours ramener son avion. Ces années particulières dans la chasse anglaise et française, Jacques Andrieux les raconte dans deux livres : « Le ciel et l'enfer » écrit en 1965 qui reprend les carnets de vol de cette époque. Ce livre est magnifiquement préfacé par Joseph Kessel, lui-même lieutenant d'aviation, observateur dans une escadrille en 1917 puis volontaire français en 1944 dans l'escadrille anglaise Sussex à 45 ans. En 1976, Jacques Andrieux publie le second livre de ses souvenirs de combat, « Une poignée d'as ».

Après la guerre, Jacques Andrieux poursuit sa carrière militaire à Paris mais installe sa maison à Saint-Georges de Didonne. Un choix qui ne doit rien au hasard. Comme on scrute aujourd'hui les tracés du TGV pour s'installer à proximité de la ligne qui vous permet le grand écart entre la province et Paris, le pilote déplie sa carte de France. Saint-Georges de Didonne est sur la mer, à distance raisonnable de la base aérienne de Cognac. Un choix stratégique qui permet au Général d'enfiler son maillot de bain sous sa combinaison de pilote, de rallier Cognac en moins de temps qu'il n'en faut à sa femme pour se rendre de Saint-Georges à Cognac et de faire, sur le chemin du retour, un arrêt-baignade sur la plage de Vallière. Une organisation toute militaire et un choix qui ne s'est jamais démenti, le Général Andrieux ayant pris sa retraite à Saint-Georges.

Jacques Andrieux est décédé le 21 janvier 2005 à Saint-Georges-de-Didonne.

Marie-Anne Roy

JacquesAndrieux


Gilles Andrieux, fils du général Andrieux, rapporte les témoignages de sympathie recueillis lors des obsèques de son père.

Lors des obsèques de mon père, j'ai fait la connaissance de deux pilotes du groupe « Alsace » : les lieutenants-colonels Morales et Dupont...Ils ont participé à La messe donnée aux Invalides, ainsi qu'à l'enterrement qui eut lieu le lendemain à Saint-Georges de Didonne.Ils tenaient à être présent pour rendre hommage et témoigner de leur respect et leur admiration à l'égard de « Jaco leader» , qui fut aussi commandant du groupe « Alsace ».
Ainsi ils me parlèrent des conditions extrêmement dures de ces pilotes durant la bataille d'Angleterre, sur des avions (spitfire) qui par rapport à ceux d'aujourd'hui (mirages) semblent bien archaïques.Ils insistèrent sur le fait que mon père n'avait jamais voulu prendre les jours de pause prévus après les missions « difficiles ' »(il fut touché dix-huit fois) et que toujours il repartait pour donner l'exemple.

Ce fut très émouvant de sentir cette sincère admiration de la part de gens plus jeunes que moi d'autant plus que mon père a toujours eu une extrême pudeur pour me parler de la guerre et je pense qu'il fut bien modeste.

J'eus également un entretien avec le général Bret qui prit la succession de mon père au commandement de la base de Cambrai dans les années 1960. En effet, il évoqua les bons moments passés avec Jaco et Gisèle, mes parents, d'une grande gaité. Il m'apprit que mon père fit construire le terrain d'aviation de Cambrai sur un champ de betteraves et qu'ensuite il fit planter des arbres tout autour ; le général Bret me dit : « si vous passez par là vous verrez ces arbres qui sont un peu ses enfants. »
Aux Invalides mon fils Mathieu (onze ans) et moi avons rencontré le général Wolsztynski, chef de l'état-major de l'armée de l'air, qui souligna que Jacques Andrieux n'était pas un général comme les autres : « un homme exceptionnel », et encouragea Mathieu à suivre l'exemple de son grand-père.

Bref dans ces circonstances aussi difficiles pour notre famille, ces témoignages de sa seconde famille : l'armée de l'air nous ont bien réchauffé le coeur.

Gilles Andrieux

En savoir plus :
OEuvres de Jacques Andrieux et Jacques Andrieux sur Wikipédia


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