Balley Félicien

Architecte du gouvernement et de la ville de Saintes, expert auprès des tribunaux (Luxeuil-les-Bains, Haute-Saône 1866 - ?).
Ancien élève de l'école des Beaux-Arts et licencié en droit, il commence sa carrière dans l'atelier de Paul Chenevier, puis va s'installer en Bretagne, avant d'être nommé architecte de la ville de Saintes à la suite d'un concours sur titres, pour succéder à Eustase Rullier*. En 1905, il est nommé architecte ordinaire des Monuments Historiques de l'arrondissement de Marennes et ouvre un cabinet à Royan. C'est là qu'il semble s'être lié d'amitié avec Victor Billaud, directeur de La Gazette des bains de mer de Royan sur l'Océan, lequel lui consacra de nombreux entrefilets. Seules quelques oeuvres de Félicien Balley sont connues grâce à des signatures, en particulier la mairie-école de Saint-Seurin-d'Uzet (élevée par l'entrepreneur Fernand Cougrand), la mairie de Chérac et les intéressantes maisons jumelles style Art-Nouveau, situées aux n°64 et 64bis, cours National, à Saintes (en collaboration avec Georges Baustert*).
Comme architecte de la ville de Saintes on lui doit de nombreux travaux, notamment des transformations à l'école Nicolas Lemercier (1907), la construction (à partir de 1906) de l'école professionnelle d'agriculture, l'aménagement de la maternité, de la salle d'opération et du pavillon des vieillards à l'hôpital, la construction des bains-douches populaires, du collège de jeunes filles, du nouvel abattoir (1910) édifié sur la route de Port-d'Envaux, et du bureau principal des postes (1913).
A Royan il travaille au monument érigé en l'honneur de Frédéric Garnier (avec le célèbre sculpteur Pierre Granet), puis vers 1907-1908 à un projet de construction d'un grand hôtel. Félicien Balley est en outre l'auteur des plans d'un certain nombre de mairies rurales multifonctionnelles, traitées de façon monumentale avec un pavillon central et de hautes toitures d'ardoises.
Parmi celles dont il dirigea les chantiers, il faut retenir les mairies-écoles de Chenac (en collaboration avec Georges Baustert), de Saint-Romain-de-Benet (1904) et de Rétaud (1904-1905), cette dernière accolée à la halle. Félicien Balley est également l'auteur des plans et devis d'une école enfantine élevée à Saint-Georges-de-Didonne (1903), et d'un important groupe scolaire projeté dans cette même commune (1913).
 Architecte de talent, il est renommé pour ses projets présentés à différents concours dans toute la France. C'est ainsi qu'il fut lauréat de concours publics nationaux pour la construction de l'école supérieure de filles de Pontivy, de la Caisse d'Epargnes de Langres, de celle de Pauillac, de l'église de Coulommiers, du cirque de Limoges, ou encore de l'asile départemental de Saint-Dizier (1905). En 1906, il est chargé des travaux de construction de l'hôtel de ville et des postes de Troyes, après avoir remporté un concours ouvert à tous les architectes français. L'année suivante Félicien Balley obtient le second prix d'un concours ouvert par la ville de Vesoul pour la construction d'une caisse d'épargnes, remporte la médaille d'or à un autre concours pour la construction de la caisse d'épargnes de Provins, puis le premier d'un concours international d'architecture, ouvert par le gouvernement Bulgare pour la construction du palais de justice de Sofia. Toutes ces distinctions ont fait de Félicien Balley un personnage respecté et localement considéré comme un des meilleurs architectes français de son temps. Comme architecte des Monuments Historiques, il exécute des travaux à l'église d'Echillais et à la lanterne des morts de Saint-Pierre-d'Oléron, le relevé des thermes de Saint-Saloine et de l'arc Germanicus à Saintes, et un projet de restauration des arènes de cette ville. L'oeuvre privée de cet architecte de renom est moins connue. Outre la maison Art-Nouveau de Saintes, on lui doit l'agrandissement et l'habillage en style néo-roman de la villa Primavéra, ainsi que les villas de rapport Miette, Alcyon, Claire-de-Lune et Clairière, situées près de la plage du Platin, à Saint-Palais-sur-Mer, dont les chantiers ont tous été confiés à Gustave Baudet. Homme actif et d'une grande culture, Félicien Balley trouva le temps nécessaire pour se consacrer à des publications et à des conférences. Outre le livre qu'il consacra aux monuments historiques de Luxeuil-les-Bains, sa ville natale, il publia un ouvrage remarqué sur l'architecture de Téhéran, qui lui valut d'être nommé officier de l'ordre du Lion et du Soleil de Perse. Membre de la société centrale des architectes français, il devient vice-président de la société des architectes de Bordeaux et du Sud-Ouest puis est désigné par ses collègues pour les représenter comme délégué au Congrès de l'association provinciale se tenant à Blois en 1905. Félicien Balley a en outre fondé la Société de la Mutualité Maternelle de la Charente-Inférieure et a été président du Cercle Symphonique Saintais. En juin 1909, on fait appel à ses talents de médiateur pour régler le conflit qui avait éclaté entre le syndicat des maçons et tailleurs de pierres de la ville de Saintes et leurs entrepreneurs, conflit qui avait débouché sur une grève assez dure. Par patriotisme, il fait partie des engagés volontaires de 1915, et se fait alors remarquer parmi les architectes mobilisés, par un projet qui obtient le premier prix au concours pour la reconstruction des villages envahis en 1917.
Voir "Les hommes de la région, M. Félicien Balley", dans La Gazette des bains de mer de Royan sur l'Océan, n° du 20 septembre 1908, p.9 bis (article qui reprend et résume un article biographique paru dans l'Encyclopédie Contemporaine, du 10 septembre 1908).

Frédéric CHASSEBOEUF


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